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Il est de ces soirs où l’on se prend à maudire Charles Garnier pour l’attention qu’il a pu porter aux fastes et aux dorures de son opéra plus qu’au confort des spectateurs qui devaient l’occuper. En ces moments de grand exodes d’un public d’abonnés philistins et passéistes, quittant la représentation de Da gelo a gelo dans les craquements des sièges sur lesquels il leur sied certainement mieux de poser leurs séants pour une énième représentation de Cosi fan Tutte, nous avons, chers lecteurs, presque perdu foi en l’avenir de l’Homme. Car quitter en masse un spectacle de cette beauté n’est point pardonnable.

Certes cet opéra de Salvatore Sciarrino mis en scène par Trisha Brown ne fait pas appel à une temporalité et à une narration familière à un public occidental. Il faut se laisser porter par ces poèmes d’Izumi Shikibu et la musique lancinante du compositeur italien pour vivre cet opéra comme une expérience contemplative. Certains verront des références Wilsoniennes dans la mise en scène de Trisha Brown. Si visuellement certains points communs peuvent exister, le langage du metteur en scène et de la chorégraphe n’ont que peu à voir. Il s’agit bel et bien, avec Da gelo a gelo, de faire danser l’opéra plus que de le mettre en scène. Trisha Brown excelle dans la composition de ces mouvements tout en fluidité mis en valeur par les splendides drapés des costumes. Tant pis pour les spectateurs démissionnaires…

Jeu 7 jun 2007 Aucun commentaire