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Exposition du contexte
Pour ceux qui auraient échappé aux nombreux articles scandalisés parus dans la presse ces derniers jours : l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris présente du 13 au 21 février 2010 une exposition qui présente les travaux des étudiants de son programme de recherche La Seine, du 3e cycle du Royal College of Art à Londres et de LASALLE College of the Arts à Singapour.
http://www.archicool.com/presse/6362.jpgL’objet du scandale
Parmi ces travaux, l’œuvre de Siu Lan Ko présente une série de kakemonos prenant la place des supports de communication de l’ENSBA sur la façade du bâtiment. Ceux-ci portent les mots « Travaillez », « Moins », « Plus » et « Gagnez ». Aussitôt installés, l’œuvre, l’œuvre fût déposée par décision de l’ENSBA.
Les loups hurlent avec les loups
Comme toujours dans de pareils cas la presse ne manque pas, dans son implacable emballement, de mots forts. « Censure », « Atteinte à la liberté d’expression », « République Bananière », sont certains des termes que l’on retrouve au fil des articles sur le sujet, sans qu’il nous soit réellement expliqué de quoi il retourne. La nationalité de l’artiste (chinoise) permet de plus des comparaisons outrées avec la liberté de création telle qu’exercée dans la République Populaire. Certains n’hésitent pas même à établir directement un rapport entre le décrochage de l’œuvre et une pression qui serait venue directement du chef de l’état, dont l’œuvre reprend les mots. Après tout, cela est facile, ne demande pas grande analyse et est très certainement plus profitable que de fournir une véritable information étayée. Censure par qui ? Dans quel contexte exacte ? Aucun journaliste ne semble capable ou prêt à nous le dire, préférant joindre sa voix à celle de la meute. Autant que le décrochage de l’œuvre, c’est l’analyse (ou son absence) des journalistes sur le sujet qui me pose foncièrement problème.
Chat échaudé craint l’eau froide

En l’absence d’éléments probants sur cette affaire on ne peut que soulever certaines interrogations. Henry-Claude Cousseau (directeur de l’ENSBA) a-t-il craint pour les conséquences sur les financements de son établissement, demandant de lui-même le décrochage de l’œuvre ? A-t-il gardé un certain traumatisme de son expérience passé le conduisant à une prudence extrême ? Henry-Claude Cousseau avait été personnellement mis en examen en tant que directeur du CAPC suite à l’exposition Présumés Innocents, sur des chefs ayant trait à une prétendue diffusion d’images pédo-pornographiques. Toujours est-il que la communication de l’ENSBA est pour le moins maladroite. Dans un communiqué de presse du 11 février, l’école prétendait que l’ « accrochage s’est fait sans que la direction de l’établissement en soit informée. » (sic). Ligne de défense peu vraisemblable mais qui méritait d’être tenté…qui sait, l’ENSBA nous prend peut-être pour de grands naïfs.
Le Ministre en pompier
Heureux dénouement : Frédéric Mitterrand sera intervenu lui-même pour faire reposer l’œuvre. L’incendie médiatique s’éteint sans qu’il nous soit apporté les éléments nécessaires à se forger une véritable opinion sur le sujet…demain les médias nous inventeront un autre scandale.
Lun 15 fév 2010 Aucun commentaire