Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 16:46

La promesse était pourtant extrêmement séduisante sur le papier. Quatrième création du chorégraphe français pour l’opéra de Paris, Siddharta devait emmener dans son aventure la musique du jeune (relativement à la moyenne des compositeurs contemporains joués à l’opéra) Bruno Mantonvani, et l’univers plastique du moins jeune mais très à la mode Claude Lévêque. Lorsqu’il s’agit d’écrire pour un corps de ballet classique, Preljocaj est- on le sait - capable de sublime (Le songe de Médée, MC14/22, Ceci est mon corps). Mais pas uniquement. Je me souviens notamment de l’ennui irrésistible dans lequel j’avais sombré lors d’une représentation du Parc à Garnier ; ennui uniquement rompu par les quelques tableaux qui étaient ponctués par l’intervention quasi mécanique des jardiniers, invasion fort réussie de la modernité dans un univers qui semblait alors déjà anachronique.

Hélas, le combat des jardiniers se solde aujourd’hui par une défaite. Dans ce Siddharta, le néoclassicisme omniprésent a définitivement pris le pas sur toute trace de modernité qui pourrait nous rappeler que nous sommes en 2010. A la vue de ce ballet on ne peut que se demander quel sens a une création qui parait dés sa première être une résurgence des années 1950 ? Toute la subtilité qui constitue habituellement le talent de Preljocaj se trouve ici écrasée sou le poids de la tradition classique et de l’univers quasi-pompier développé conjointement par les visions de Claude Lévêque et la partition rugissante de Bruno Mantovani (mention spéciale au tableau d’ouverture nous présentant un astéroïde géant tout droit sorti d’un film d’Ed Wood se balançant au son rugissant de l’orchestre au dessus d’une tribu de motards casqués).

Oui, il reste de ce spectacle quelques minutes trop rare de grande beauté. Par exemple, et c’est quelque part paradoxal, lorsque l’influence classique est totalement assumée et donne lieu à une quasi reproduction du Lac des Cygnes. Après les 4 saisons, Blanche Neige et ce Siddharta, Angelin Preljocaj semble avoir pris une tournant quasi-définitif vers un style chorégraphique conservateur. Nous ne pouvons alors que regretter, les N, Helikopter et autres Empty Moves

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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