Dénoncer le délit de faciès, tel était le but avouer par Jota Castro lors du vernissage/performance de son Exposition Universelle 1 au Palais de Tokyo. Une dénonciation qui s'exprimait à travers la discrimination positive du public se présentant aux portes du vernissage. D'un coté une entrée "blancs", se perdant dans un serpentin de barrière et dont le débit était régulé par deux agents de sécurité très enclins à fouiller les sacs et à user de leur détecteur de métaux. De l'autre, le chemin que pouvaient emprunter toutes les autres couleurs de peau. Une entrée directe cette fois, sans aucun contrôle. Passons outre le caractère anecdotique de cette gentille discrimination pour nous intéresser au contenu même de l'exposition.
De son passé de diplomate aux Nation Unies et à l'Union Européenne, Jota Castro tire l'essence de son travail, à savoir une critique souvent politique de nos sociétés "malmédiatisées". Pour Exposition Universelle 1, une dizaine d'installations récentes ou créées spécifiquement pour l'occasion sont présentées. La portée des différentes oeuvres se révèle assez inégale. Si certaines pièces provoquent une véritable réflexion, d'autres dégagent une impression de facilité et de manque d'aboutissement. Que dire par exemple de cette oeuvre inspirée par la chanson Strange Fruit, naguère chantée par Billy Holliday? Pas grand chose si ce n'est qu'elle laisse froid tant elle parait peu réfléchie.
A l'inverse, certaines installations séduisent par leur abstraction et leur capacité à impliquer les visiteurs dans leur découverte. Jota Castro s'en tire plutôt pas mal, même si l'ensemble manque de cohésion et que certaines oeuvres se révèlent nettement plus faibles que d'autres.
Jota Castro, Exposition Universelle 1, jusqu'au 3 avril 2005, Palais de Tokyo (Paris 16eme)
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