La genèse de Letters from Tentland a, sur le papier, tout pour plaire à la rédaction de Télérama : une chorégraphe allemande, des danseuses issues d’un pays répressif (l’Iran) et un thème rebattu et convenu (la condition des femmes dans les pays fondamentalistes). Sur scène, les corps sont emprisonnés dans des tentes exiguës, laissant apparaître tantôt une main, tantôt un visage. On ne percevra alors des mouvements que la violence, la chute des corps.
Très vite cette pièce, pourtant très brève, semble tourner en rond et se perdre dans un propos insuffisamment défini. Letters from Tentland aurait pu être un spectacle relativement inodore, de ceux qui glissent et laissent indiffèrent, si ce n’était pour quelques détails simplificateurs et impardonnables.
A force, à la fois de prétendre éviter un propos sociétal et de s’y engouffrer à travers des raccourcis sommaires, Helena Waldmann finit par faire le jeu des oppresseurs. Usant de procédés de distanciation déresponsabilisant, elle sème le doute sans en mesurer les conséquences. Le destin de ces femmes ne semble plus alors être celui de victimes mais d’individus libres dont les chaînes seraient le fruit d’un consentement. Un tel sujet ne devrait pas être traité de manière si superficielle et brouillée.
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