Dimanche 23 janvier 2005 7 23 /01 /Jan /2005 00:00

Les banderoles annonçant Swiss Swiss Democracy dans la rue des francs bourgeois ne laissent planer aucun doute, Thomas Hirschhorn n’est pas en résidence au Centre Culturel Suisse, il occupe les locaux comme le feraient des ouvriers en grève dans leur usine. La grève il en est quelque part question dans l’attitude de cet artiste qui refuse d’exposer en Autriche depuis l’apparition de Jorg Haider sur la scène politique viennoise, et en Suisse depuis l ‘élection du populiste Christophe Blocher.

Hirschhorn a ainsi totalement remodelé l’intérieur du Centre Culturel Suisse. Tapissées de carton, de chatterton, de graffitis et d’articles de presse, les différentes pièces de l’exposition s’apparentent plus à une installation qu’à la présentation de différentes œuvres. Le petit train de montagne, cliché de l’imagerie suisse que l’artiste veut anéantir, sert de fil conducteur à la visite qui passe par des salles vidéos, une bibliothèque, une salle de conférence et un théâtre (ou se joue chaque soir une adaptation de Guillaume Tell). Malheureusement, la démarche artistique semble manquer de contenu et le travail de Thomas Hirschhorn peine à retranscrire la complexité du propos des auteurs dont il se réclame ; auteurs dont vous pourrez consulter certains ouvrages à la bibliothèque (John Locke, Henry-David Thoreau, Aristote…). C’est d’ailleurs le seul coté agréable de Swiss Swiss Democracy. Il est possible de s’asseoir sur l’un des nombreux fauteuils recouverts de chatterton afin de passer un moment à discuter ou à lire La Désobéissance Civile.

 

Reste malgré tout une idée, la publication quotidienne d’un journal. Prolongation de l’exposition, on regrette que celui-ci ne tienne que des propos aussi banales et communs que les slogans peints en rouges sur les murs du centre.

On pourra se dispenser d'y aller sauf si l'on cherche un endroit bien chauffé par une froide journée d'hiver.

 

Swiss Swiss Democracy au Centre Culturel Suisse, 38 rue des Francs Bourgeois (Paris 3eme) jusqu'au 30 janvier 2005.

Par Xav - Publié dans : Arts visuels et plastiques
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Avec une entrée comme celle la, tu ne peux t'en prendre qu'a toi meme!! ;-)
Commentaire n°1 posté par Nico le 23/01/2005 à 22h50

De la qualité esthétique des mouvements sociaux...j'ai trouvé au contraire que les banderoles correspondaient bien à la démarche annoncée par Hirschhorn.

Dans la réalité de l'exposition je dirais qu'il y'a une distance voir un mépris vis à vis de la classe ouvrière dont il semble s'inspirer.

Commentaire n°2 posté par Xav le 24/01/2005 à 08h17

Là, je tiens à rajouter mon grain de sel! J'y étais! En réalité, j'ai apperçu cette fameuse banderole dans la rue des francs bourgeois et n'ai pas oser rentrer...

Puis, on en a parlé avec Xav et nous y sommes allés. Effectivement, à par un rejet de la part de l'auteur de la demaocratie suisse actuelle...ma foi, il n'y a pas grand choses d'interessant. Excepté bien sûr si vous n'avez jamais vu une expo faite de carton pate et de chaterton agrementé de quelque slogan ravagueur écrit au feutre rouge sang!

Certains de ces slogans méritent le détour car ils disent tout ahut ce que certains pensent tout bas.

Mais il manque peut être de fond ds l'analyse. Les articles de journaux sont bien présent pour démontrer le propos, mais quid du propos exact de l'auteur.

Un bémol: les nombreux article en allemand, qui pour moi, sont restés opaques.

Commentaire n°3 posté par pablo le 24/01/2005 à 13h23

banniere-newsletter.gif
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés