Dimanche 17 juin 2007 7 17 /06 /Juin /2007 18:35

C’est l’histoire d’une ombre que nous compte Philippe Decouflé. En d’autres temps, le chorégraphe aurait très certainement exercé ses talents au Chat Noir, haut lieu du théâtre d’ombre, cette pratique chimérique ayant aujourd’hui quasiment disparu. Des silhouettes obscurcies, Decouflé en a joué tout au long de sa carrière. Mais dans Sombrero, ce travail prend encore une autre dimension avec un travail mêlant projection et mouvement d’une précision jamais égalée auparavant.

Certes, la vidéo n’est pas chose nouvelle chez le chorégraphe, mais l’ingéniosité dont il a toujours fait preuve dans son utilisation le place d’emblée dans une catégorie à part. Comptée avec dérision, l’histoire de notre sombre héros est prétexte au développement d’un univers personnel et reconnaissable, entre burlesque et mélancolie, permettant l’enchaînement de tableaux chorégraphiés dont la plupart sont d’une complexité rare dans leur mise en place et leur rapport aux projections créées en direct ou prés enregistrées.

Decouflé prouve, s’il en était encore besoin, qu’il est maître en un univers qui n’appartient qu’à lui. Bien sûr, on pourra regretter l’absence de cette poésie envoûtante qui caractérisait Iiris, son précédent spectacle. Mais ce n’est là qu’un unique reproche mineur relevant plus d’une appréciation subjective que d’un réel jugement.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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