Il y’a quelque chose de profondément étrange dans les créations qui émanent des Ballets C de la B, entité pluricépahale chorégraphique établie depuis 1984 en Belgique. L’année dernière, Alain Platel nous avait nourri avec VSPRS de sa vision toute personnelle de la ferveur et du mysticisme au Théâtre de la Ville. Difficile de ne pas établir de parallèle entre cette relecture de vêpres de Monteverdi et Import/Export, spectacle qui nous est aujourd'hui présenté par Koen Augustijnen.
Dans un décor de hangar ou s’empilent palettes et conteneurs un quatuor à corde et un alto chantent des chants d’un autre temps, inspirés ou adaptés de Couperin, Charpentier ou encore Clérembeau...Dans cet univers décalé ou l’industrialisme semble atteindre son crépuscule, les corps sont bringueballants, martyrisés, distordus et meurtris. Si les coups se terminent parfois en caresses, c’est une extrême violence qui prédomine. Fait de chocs et de quasi-dislocation, le vocabulaire corporel de Koen Augustijnen et de ses danseurs/acrobates semble faire écho à un irrésistible sentiment d’aliénation. Mais...ce n’est pas tout. A l’image de son titre, ce spectacle est ceint en deux parties. Alors que les interprètes s’alignent à l’avant scène comme pour venir saluer, un autre spectacle, beaucoup plus léger et burlesque prend le dessus.
De jeu de téléphone arabe en monologues absurdes, une autre réalité dont seuls sont capables les ballets C de la B semble naître. Au sortir d’une telle aventure, on ne se hasarde pas à essayer de nommer ce à quoi l’on a assisté tant il y'a matière à être déconcerté ...mais une chose est certaine, cela valait la peine d’être vu.
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