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Chaque spectacle d’Ariane Mnouchkine est attendu avec grande impatience par les amateurs de théâtre. Il faut dire que la metteur en scène, éminente figure d’une conception renouvelée du théâtre née dans les année 70, a très souvent touché au génie en montant les textes des autres de Molière à Cixous en passant par Shakespeare.
Bien sûr, il y’a eu depuis le Dernier Caravanserail, une premier spectacle explorant un travail basé sur l’improvisation. Le résultat, peu convaincant, laissait encore malgré tout transparaître l’éclat d’un savoir de la mise en scène hors du commun.
C’est d’ailleurs les idées de mise en scène explorées dans cette précédente création qu’Ariane Mnouchkine reprend aujourd'huipour ses Ephémères. Instantannés de la vie quotidienne, les saynètes se succèdent sans réel lien si ce n’est le regard constamment misérabiliste qui est posé sur la condition humaine. La pitié bien pensante qu’il nous « faut » éprouver pour le couple criblé de dettes, la mère qui élève seule son enfant où encore le transsexuel rejeté est absolument étouffante. Il n’est plus ici question de texte, mais d’une mauvaise vision documentaire. Rien ne sauve l’affaire, ni le dispositif scénique autrefois génial mais emprisonné sur un plateau exigu et bifrontal, ni la musique de Jean-Jacques Lemêtre, qui ne nous avait jamais habitué à autant de mièvrerie. Le Théâtre du Soleil semble, avec ce spectacle, ne plus vivre que sur les reliques d’une utopie, qui en abandonnant son caractère politique n’est plus capable que d’une lumière doucereuse.
Les Ephémères, jusqu’à plus soif au Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12eme.
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