Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /2006 14:31

Déconstruire le mythe féérique de Walt Disney, le fouler au pied et le maculer d’une critique bileuse, c’est sans nul doute l’objectif visé par la dernière création d’Ann Liv Young. Sorte de comédie musicale décadente dans laquelle Blanche Neige mènerait la danse tel un cours d’aérobic, Snow White mêle avec peu de réussite les vieux tubes des années 80 (hurlés plus que chantés) et les textes à la pornographie provocatrice revendiquée avec peu de réussite.

Il n’y a point de pureté dans l’univers d’Ann Liv Young. Ici tous les artifices du spectacle sont mis à nu dans une sorte de tourbillon nihiliste. Au delà de la revendication féministe rebattue et peu nuancée, le seul discours qui prévaut est celui d’une crétinerie quasi-punk. Rien ne peut alors sauver ce spectacle, même pas l’odeur de souffre dont semblent l’avoir entouré les médias et qui n’est sans doute pas étranger au remplissage de la salle. Avec cette création, Ann Liv Young participe d’une tendance très actuelle et ô combien regrettable de la création contemporaine, celle qui consiste à masquer la vacuité du propos en barbotant dans les eaux croupissantes d’une provocation devenue synonyme d’académisme. Seulement voilà, cette Blanche Neige ennuie plus qu’elle ne bouscule et afflige bien plus qu’elle ne dérange.

Snow White d'Ann Liv Young, jusqu'au 25 novembre 2006 au Théâtre de la Bastille, 76 rue de la Roquette, Paris 11eme.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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