« Il y a, me semble-t-il, un fossé énorme entre l’apport réel de Béjart, pour moi superficiel et dérisoire, et l'image dont il jouit. » Difficile d’aller à l’encontre de ces propos du chorégraphe Marco Berrettini. Le spectacle proposé par Maurice Béjart pour célébrer ses cinquante ans de carrière, sorte de condensé disparate et racoleur, ne nous permettra pas d’en douter.
Au fil des ballets Béjart distille sa vision de l’amour, thème de ce pot-pourri, toute empreinte d’une insupportable mièvrerie et d’une esthétique douteuse. Le goût très peu sûr de notre homme en matière musicale lui permet de mélanger, sans honte aucune, des fragments du Sacre du Printemps avec des morceaux pop des années 1980. L’apogée du mauvais goût est atteinte lorsque des aphorismes « philosophiques » nous sont dispensés en voix-off. Le public aveugle mais bouleversé ne s’en prosternera que mieux lorsque la star de ce show apparaîtra sur scène pour venir crânement adouber ses danseurs. Du grand spectacle qui a sa place dans les stades. Le ridicule ne tue pas et peut même apporter gloire et fortune.
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