Dimanche 22 octobre 2006 7 22 /10 /Oct /2006 15:05

Les lecteurs de ces colonnes savent que les expositions présentées au Centre Culturel Suisse ne manquent jamais de susciter la perplexité. Il faut dire que peu de lieux persistent à présenter des travaux contemporains d'une manière si obscure. Il y'a une violence certaine dans la façon dont le centre dirigé par Michel Ritter bombarde, exposition après exposition, son public, sans aucune considération pour celui-ci…comme si les éléments communément admis dans d'autres lieux (quelques cartels, une scénographie réfléchie, un minimum de médiation) n'étaient qu'avilissement et vulgarisation méprisable du travail des artistes helvétiques.

Ainsi aurait-il pu nous être donné quelques éléments sur la manière dont Roman Signer, artiste dont le principal trait est une idiotie revendiquée, a été choisi pour représenter la Suisse à la prochaine biennale de Venise.

Car si l'idiotie est depuis longtemps revendiquée par certains artistes comme valeur esthétique, elle est parfois portée par un discours cohérent. Ici il n'en est rien. Roman Signer se vautre avec bonheur dans le crétinisme absolu: piscine gonflable collée au plafond par une soufflerie, chaise propulsée par des fusée d'artifices, écriture à l'aide de fumigènes…tout ici semblerait amusant si effectué par un enfant de 6 ans…mais notre sale gamin en a 68, ce qui le rend particulièrement exaspérant. De colère on se laisserait presque prendre au jeu de la sottise, résistant difficilement aux multiples tentation offertes par l'exposition : pétards (a allumer), fils (à couper) et ballons (avec lesquels s'amuser). A vous de jouer!

Aller-Retour 3 Roman Signer, jusqu'au 12 novembre au Centre Cutlurel Suisse, 38 rue des Francs Bourgeois, Paris 3eme.

Par Xav - Publié dans : Arts visuels et plastiques
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Commentaires

Tout ça n'est pas faux et pourtant, outre que la forme soit souvent malgré la bouffonerie assez délicate, dans ce grotesque semble toujours sourdre comme quelques profonds drames de notre existence. Il y a quelque chose du théâtre de l'absurde, la mise en évidence d'un certain non-sens toujours déjà là.
Commentaire n°1 posté par pop corn le 17/12/2006 à 22h32

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