Partager l'article ! Un pas de coté pour Salia nï Seydou: La seule évocation des mots "danse" et "Afrique" au détour d'une même l ...
La seule évocation des mots "danse" et "Afrique" au détour d'une même locution fait irrémédiablement émerger nombre de clichés bien ancrés dans l'imaginaire collectif. Colorée, vive et rythmée…la conception que certaines peuvent être amenés à se construire de la création chorégraphique africaine contemporaine tient plus du folklore touristique que de la réalité. Car si les chorégraphes africains actuels sont marqués par une identité qui leur est spécifique, c'est bien de danse contemporaine que nous allons parler ici et non de la survivance d'une tradition recréé de toute pièce pour divertir le public occidental.
Compagnie burkinabée créée par deux danseurs/chorégraphe, Salia nï Seydou est de ces entités qui semblent ne pas concevoir la création sans prise de risques. Ici ils sont nombreux. Il y'a déjà la présence de musiciens sur scène…et pas n'importe lesquels puisqu'il s'agit d'Ars Nova. Il y'a aussi les compositions qui accompagnent le spectacle, celle de Jean-Pierre Drouet qui, si elles sont chacune des mines d'inventions, ne sont pas loin de là les plus aisés à danser. Enfin il y'a cette gestuelle, caractéristique d'un style affirmé et sans compromis qui ne peut laisser indiffèrent. Un pas de côté, pour sortir de son rang, comme si musiciens et danseurs ne formaient plus qu'un seul corps (de ballet) musical ou un unique orchestre dansant.
Ars Nova, excellent dans cette exercice aussi chorégraphique qu'acoustique, ne ménage pas ses efforts pour accompagner les danseurs dans des tourbillons atonaux desquels émergent parfois des rythmes et des mélodies plus reconnaissables. La danse, elle même majoritairement abstraite, retrouve également par moments un caractère plus explicite. L'équilibre est parfaitement maintenu, la réussite totale. Salia nï Seydou nous prouve, s'il en était encore besoin que la création africaine recèle d'une vitalité incomparable.
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