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De Metalovoice et de son projet Territoires Occupés, on ne sait finalement que peu de choses…qui tiennent en quelques lignes dans la brochure décrivant l’ensemble de l’action qui prend place autour du village de Corbigny dans la Nièvre.
Sorte de résidence à visée coopérative entre artistes et agriculteurs, Territoires Occupés entend provoquer des rencontres entre des univers et des activités différentes. Si tel est le discours tenu par la compagnie Metalovoice, la matérialité du projet semble toute autre. Disséminées dans des aires de pâture, les 5 œuvres d’artistes sélectionnées pour l’occasion s’imposent à l’univers agricole plus qu’elles ne s’y inscrivent.
De coopération entre agriculteurs et artistes, on ne perçoit que la mise à disposition de terrains par les premiers au profit des seconds. Les œuvres, quant à elles semblent, s’enliser dans des thématiques rebattues (l’envahissement de nos campagnes par des lotissements de pavillons Phenix, la disparition du langage régional et de son héritage culturel…) et une réalisation peu convaincante. Pis, l’installation de Dimitri Xenakis et Maro Avrabou semble vouloir tourner le projet initial au ridicule en présentant des automobiles transformées en serres…emplies de plantes en plastiques. Seule l’œuvre de Delphine Saurat et Christian Chouin semble présenter une véritable réflexion sur l’espace et le paysage en convoquant des références ayant autant trait au land art qu’a la cartographie. On en vient alors à penser cyniquement que le projet originel n’a été rédigé que pour flatter le subventionneur potentiel…On ne peut que le déplorer.
Territoires Occuppés, jusqu'au 21 septembre 2006 à Corbigny (58)
bonjour,
je viens de lire votre critique du projet "les territoires occupés" organisé par
la compagnie Métalovoice. Je
ne comprends pas quel plaisir que vous pouvez avoir à tirer des conclusions hâtives sur des hypothèses si mal fondées. J'ai cru, en lisant votre article qu'il allait se terminer par une injonction du genre : et ils font ça avec nos impôts!
Tout d'abord, s'il y a une œuvre qui s'impose au paysage, c bien celle de Delphine Saurat et Christian Chouin, dont la présence est si forte qu'elle est capable de s'imposer à l'immensité de la campagne qui se déploie sur ce site. Les autres installations se lisent dans leur rapport avec l'immédiateté, le lieu et le contact avec les agriculteurs. Ce sont eux qui ont permis ces réalisations, par leur connaissance et leur pragmatisme. Ce sont eux qui ont fourni les moutons de l'installation "le clos du pré", c'est ensemble que nous les avons rabattus le jour où ils se sont enfuis suite au feu d'artifice... et c bien ensemble que nous avons mangé le mouton au dernier jour de l'été. La relation artiste-agriculteur existe. Elle n'est pas de ces relations qui s'exhibent au Palais de Tokyo mais simplement elle a initié des amitiés naissantes.
Je me tiens à votre disposition pour débattre cette expérience intitulée "les territoires occupés",
Ne disposant que de peu de temps pour répondre, je m'en tiendrais à quelques points synthétiques:
-Tout d'abord je ne prends jamais plaisir à critique négativement des projets. Lorsque je le fais, c'est que j'ai ressenti une vive déception. Ce fût le cas avec "Territoires Occupés" dont le projet avait suscité chez moi un vif intérêt. Peut-être mes attentes étaient elles trop élevées?
-Relisez plus attentivement mon article, vous verrez que le travail de Delphine Saurat et Christian Chouin est justement la seule oeuvre que je défends. Une opinion toute personnelle en passant et qui n'a rien à voir avec la choucroute, j'abhorre l'idée que l'on puisse penser qu'il est nécessaire de s'imposer au paysage ou à la nature.
-Laissons le Palais de Tokyo de coté...nous parlons ici de projets culturels
-Je persiste dans mon idée que certaines compagnies ou structures exploitent l'idée très actuelle des relations art/territoire/population comme un argument nécessaire à l'obtention de subventions. Il est, je l'admets, légitime, de vouloir assurer sa survie dans un contexte de désengagement croissant des subventionneurs publiques dans le secteur culturel. Quelque part cette tendance ne fait donc que répondre aux demandes des décideurs politiques locaux. Mais ses matérialisations sotn plus ou moins heureuses.
-Enfin, si comme je le crois vous faites partie de la Compagnie Metalovoice, je suis tout prêt à publier une colonne de votre plume sur ce site pour expliquer et défendre votre projet.
En espérant vous lire bientôt.
Cordialement
Fred Périé
Je propose un lien vers une connexion entre ces mondes telle qu'elle a pu être réalisée en littérature: http://lespasperdus.blogspot.com/2006/04/les-coutumes-incertaines-du-temps-quil.html