Partager l'article ! Le directeur de lOpéra de Paris irrité par les critiques: Déjà sévèrement critiqué pour le modernisme de la production de la Flûte Enc ...
Déjà sévèrement critiqué pour le modernisme de la production de la Flûte Enchantée et du spectacle Wolf dAlain Platel, le nouveau directeur de lOpéra de Paris est à nouveau au centre dune polémique. Si la presse salue presque unanimement le Tristan et Isolde de Bill Viola, Peter Sellars et Esa-Pekka Salonen, les réactions plus que mitigées dune frange conservatrice du public semblent agacer Gérard Mortier.
Ainsi déclarait-il à des journalistes de France 3 à lissu de la première de cet opéra : « les gens qui viennent à lopéra pour revoir toujours la même chose nont quà rester chez eux ». Le clou est enfoncé par un entretien publié dans lhebdomadaire allemand Die Welt am Sonntag. « la France est un pays incroyablement conservateur [...] ici, dans la presse, on ne trouve pas une seule rubrique culturelle digne de ce nom ou un penseur courageux [...] ». Semblant presque regretter son poste à la tête du festival de Salzbourg, il poursuit en sen prenant au secteur discographique : « L'industrie du disque a transformé les chanteurs en popstars: mais elle est quand même en crise et elle nuit au sérieux de l'opéra ». Voila qui devrait suffire à suciter nombre dinimitiés.
Le public n'est pas conservateur pour être conservateur : il a par exemple encensé « les Paladins » au Châtelet lan dernier, mais le public et il a bien raison- ne supporte pas la nouveauté pour la nouveauté (comme cétait le cas pour la flûte).
Je suis daccord avec M. Mortier sur son analyse de la politique néfaste des maisons de disque, en revanche il na pas le droit de traiter le spectateur avec tant de condescendance. LOpéra de Paris est nourri de subventions publiques, il a donc une dette envers le public et se doit de remplir un certain nombre de ses attentes.
2- Le terme "intéressant" est, je l'admets, un peu basique et manque d'originalité. Il caractérise cependant assez justement mon propos:
3- Une oeuvre interprétée dans la plus pure tradition sera agréable à écouter, bien évidemment, mais ne sera pas pour autant intéressante. L'intérêt ne naît qu'à partir du moment où des choix sont faits, risqués, innovants.
4- Pour autant, intéressant ne signifie réussite. Je n'ai pas eu l'occasion d'assister à une représentation de la flûte. Je ne ferai donc pas de commentaire à ce sujet. Mais il est certain que la prise de risque peut engendrer des interprétations ratées. Cette prise de risque peut aussi être synonyme de réussite totale, comme ce fut le cas pour Tristan et Isolde. En tout état de cause, il est, à mon sens, essentiel d'oser, surprendre et finalement, faire vivre ces oeuvres.
5- Les subventions publiques doivent en effet concourir à satisfaire le public, peut être pas forcément tout le public, mais de toutes façons pas uniquement le désir de quelque organisateur. La programmation de M. Mortier répond, à mon sens, à cette exigence. Cette année, comme l'année prochaine, coexistent oeuvres originales et oeuvres classique.
3- oui, et l'intérêt peut aussi naître de la reproduction dans la plus pure lignée de quelque chose d'extraordinaire
4 - je ne sais pas si on peut qualifier la production de Tristan de "réussite totale" même si je lui reconnais bien des qalités
5- je suis entièrement d'accord, mais je n'aime pas quand il dit "que les ronchons restent chez eux"
Vos critiques diverses sont des plus intéressantes mais n'oubliez surtout pas, que toute critique est subjective, comme tout choix. Ce qui "interpelle" certains laissera de marbre les autres. Ce qui surprend l'un, ne sera que basse provocation pour l'autre. Le terme "oser" devient presque pornographique dans certains cas (ne parle-t-on pas de dessins, de littérature, de films "osés"?) comme si le fait d'essayer de sortir de la "tablature" (bonjour très cher Sachs!) ne se soldait que par une amende pour atteinte à la pudeur, toute étincelle créative risque d'être étouffée avant de naître, tout élan stoppé net par le croc en jambe des esprits bien pensants.
Quel fat serais-je si je me permettais de juger trop sévèrement? Je ne puis dire que je n'aime pas, mais je peux expliquer que je n'ai peut-être pas les clés pour comprendre, je puis évoquer une différence de sensibilité qui n'est propre qu'à moi-même et n'est point généralité.
Pensons modeste, pensons naturel et instinct.