Partager l'article ! Angelin Preljocaj du néo-classique à labstraction au Théâtre de la Ville: Fêtant les vingt ans de son ballet cette année, Angelin P ...
Fêtant les vingt ans de son ballet cette année, Angelin Preljocaj se voyait consacrer deux programmes différents au Théâtre de la Ville. Après sa dernière création sur les Quatre Saisons que nous avions pu découvrir cet automne, le chorégraphe installé à Aix en Provence nous proposait donc deux pièces de son répertoire distantes de quinze années ; deux extrémités d’un style chorégraphique qui n’a cessé d’évoluer tout en gardant une personnalité forte.
Empty Moves, pièce pour quatre danseurs créée en 2004, prend pour bande son la performance d’Empty Words que John Cage donna à Milan en 1977. Ardent défenseur de l’aléatoire et du hasard dans la création artistique, Cage basait son travail sur les concepts du I Ching. Servant de base à la composition, à l’écriture ou la réécriture de textes, le I Ching était l’instrument principal d’une œuvre sa caractérisant par sa forte abstraction. Du texte d’Henry David Thoreau qui servit de point de départ à Empty Words, il ne reste à l’arrivée que des syllabes désarticulées, vides de sens, assenées à un public partagé entre la moquerie et le recours à l’insulte. C’est donc sur cette lecture mouvementée et particulièrement symbolique que les quatre danseurs évoluent. Angelin Preljocaj abandonne ici toute thématique et artifice de scénographie pour se concentrer sur le mouvement, sa fluidité et sa dimension esthétisante. Le travail sur les portées et l’enchevêtrement des corps est particulièrement ciselé et la gravité ne semble plus avoir de prise sur les danseurs. Cette danse aérienne rappelle un autre pièce récente de Preljocaj : Helikopter. Dépouillé et réduit à sa matière essentielle, Emtpy Moves touche au sublime.
A l’opposé du spectre Preljocaj se trouve Noces, chorégraphie de 1989 sur la pièce de Stravinsky du même nom. D’influence néo-classique, ce ballet était déjà marqué par certaines des caractéristiques qui feront le style du chorégraphe tout au long de sa carrière. Le travail sur les diagonales y est par exemple très présent. Noces de par son caractère classique revendiqué n’aurait aucun mal à entrer au répertoire d’un de nos opéras nationaux. N’en déplaise à certains, ce programme prouve, s'il en était encore besoin, qu'Angelin Preljocaj est l’un des quelques très grands chorégraphes français.
Bref, c'est une année noire pour la danse à Aix en Provence et j'ignore comme Preljocaj va recoller les morceaux. A force de lire les critiques de ses spectacles dans la presse nationale ou sur le net, l'exaspération monte dans le public aixois. Qu'on se le dise!!
Pascal,
Vous qui êtes sur place, savez vous si une nouvelle date a été fixée pour l'inauguration, maintes fois reportée, du Pavillon Noir?
Pascal,
Merci pour cette information et désolé pour l’attente liée à la publication de votre message. La recrudescence de spams m’a contraint à activer momentanément la modération des commentaires.