L’univers d’Alain Platel fait de confrontations esthétiques a de quoi décontenancer. On se souvient des remous provoqués par la création de Wolf à l’Opéra de Paris la saison dernière. Disons le d’emblée, VSPRS est le spectacle le plus étrange qu’il nous ait été donné de voir cette saison. Il y’a cependant une certaine poésie dans la juxtaposition d’éléments aussi disparates que ceux dont use Alain Platel : les arrangements des vêpres de Monteverdi interprétées par Aka Moon et l’Ensemble Oltremontano, la scénographie représentant une falaise prétexte à une danse verticale et les spasmes qui semblent toucher un à un les danseurs.
Du (trop) long crépuscule qui nous est dépeint par Alain Platel s’échappent quelques brefs rires qui n’éclipsent jamais une inquiétude latente. Les danseurs des Ballets C. de la B. défient la gravité, tremblent et chutent dans un tourbillon qui ne semble jamais vouloir s’arrêter. Plus proche de la folie que de l’extase promise dans le programme, Platel semble tabler sur la répétition et la temporalité particulière habituellement associées à la transe. VSPRS manque à plusieurs reprises une conclusion qui en aurait fait une œuvre beaucoup plus puissante et nous rappelle, comme Stravinsky aimait à le dire, que trop d’œuvres « finissent trop longtemps après la fin ».
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