Reconstruire, se reconstruire après la dévastation. Wim Vandekeybus a toujours préféré s’aventurer sur des terrains douloureux là où le chaos et une certaine morbidité semblent régir l’existence du vivant. Dans un paysage primitif délimité par une rangée de lances, des hommes et des femmes tentent de refermer les cicatrices dues à une indicible catastrophe. Puur se situe donc dans un contexte post-traumatique. Comment continuer à vivre après l’horreur ? Alors qu’est à nouveau insufflée la vie par une force supérieure, la violence, tel un atavisme immuable au genre humain, s’insinue peu à peu dans les comportements.
Du drame vécu nous aurons l’explication à travers plusieurs vidéos. Inspirée de l’épisode biblique du Massacre des Innocents, ces projections développent un imaginaire proche du conte. Les apparitions récurrentes de personnages barbus, porteurs de toutes les peurs, sembleront vides de sens, ou pis, grotesques au regard de la thématique de la pièce. En outre, Puur semble ne trouver qu’en de très rares tableaux l’intensité nécessaire à l’engagement du public. Ne méritant ni les hués ni les standing ovations de rigueur au Théâtre de la Ville, la dernière création de Wim Vandekeybus nous laisse dans une relative indifférence, sans espoir de voir une quelconque réflexion mûrir en nos esprits. N’est ce pas là le pire ?
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