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Il est parfois des choix artistiques discutables dans la carrière d'un musicien. Les raisons avancées sont en générale la volonté d'évolution, le besoin de changement ou de manière moins avouable, l'appat du gain. Pourtant aucune de ces éxplications ne me parait suffisante pour comprendre comment Dorado Schmitt a pu penser qu'il pourrait devenir une sorte de nouvel Henri Salvador, dont la carrière n'a réellement démarré qu'à l'age où beaucoup sont déja à la retraite.
C'est donc non en tant que guitariste virtuose que Dorado Schmitt s'est présenté sur la scène du théâtre Gérard Philipe de Bonneuil, mais en tant que crooner vieux style, vocation qui semble-t-il lui est venue sur le tard. Entouré d'une fine équipe de musiciens de jazz français (Pierre-Alain Goualch, Ludovic Beier, Gautier Laurent et Franck Agulhon) il devait nous délivrer un concert de chansons fraîchement écrites par ses soins (musique et texte). On aurait pu penser que l'expèrience de Dorado Schmitt lui aurait forgé un goût certain, lui évitant de se fourvoyer dans des aventures musicales dont le ridicule peut tuer une carrière. Il n'en fut rien. Comme si la voix éteinte toujours à la limite de la justesse ne suffisait pas, les textes auraient pu faire pâlir n'importe quel auteur de la collection Arlequin par leur mièvrerie. Rien, même toute la bonne volonté de ses accompagnateurs ne purent sauver le concert.
Lors de l'unique rappel, Dorado délaisse le micro pour faire ce qu'il sait le mieux: jouer de la guitare. On espère alors que ce concert n'était qu'une erreur et non le début d'une nouvelle carrière. Car si nouvelle carrière il y'a elle se fera alors dans l'animation de mariages, cocktails et bar mitzvahs, cadre qui se prêtera parfaitement aux chansons de Dorado le chanteur.
Merci Dorado!