Jeudi 10 février 2005 4 10 /02 /Fév /2005 00:00

Le Fou d'Elsa au Théâtre de la Colline

"La veille où Grenade fût prise..." Tout commence dans le Fou d'Elsa par une faute de français, inspiration originelle d'Aragon pour écrire cette oeuvre monumentale. A travers ce retour sur la prise de Grenade en 1492, le poète explore ce moment clé de l'histoire, rupture entre l'orient et l'occident. Bien sur certains ne pourront s'empêcher d'établir des liens entre le récit historique et la période, marquée par la guerre d'Algérie durant laquelle l'auteur composa cette oeuvre.

Mais au delà du récit historique, le Fou d'Elsa raisonne comme l'expression de la folie du poète, se mêlant dans les destins d'un roi présentant l'imminence de sa chute, d'un amour impossible ou encore d'un vieux fou au destin tragique.

Si le jeu des comédiens est absolument irréprochable et la mise en scène d'Anne Torrès à la fois sobre inventive, il est difficile de ne pas se perdre dans ce texte, à la fois prose et poésie, véritable labyrinthe narratif. Mettre en scène le Fou d'Elsa relève incontestablement de la gageure. Au finale la pièce qui nous est présentée à la Colline reste d'accès difficile. Dommage car nul ne peut nier la sincérité et l'honnêteté du travail présenté.

Le Fou d'Elsa de Louis Aragon, jusqu'au 20 février 2005 au Théâtre de la Colline (Paris 20eme)

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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