Mercredi 8 juin 2005
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« Il y a, me semble-t-il, un fossé énorme entre lapport réel de Béjart, pour moi superficiel et dérisoire, et l'image dont il jouit. » Difficile daller à lencontre de ces propos du chorégraphe Marco Berrettini. Le spectacle proposé par Maurice Béjart pour célébrer ses cinquante ans de carrière, sorte de condensé disparate et racoleur, ne nous permettra pas den douter.
Au fil des ballets Béjart distille sa vision de lamour, thème de ce pot-pourri, toute empreinte dune insupportable mièvrerie et dune esthétique douteuse. Le goût très peu sûr de notre homme en matière musicale lui permet de mélanger, sans honte aucune, des fragments du Sacre du Printemps avec des morceaux pop des années 1980. Lapogée du mauvais goût est atteinte lorsque des aphorismes « philosophiques » nous sont dispensés en voix-off. Le public aveugle mais bouleversé ne sen prosternera que mieux lorsque la star de ce show apparaîtra sur scène pour venir crânement adouber ses danseurs. Du grand spectacle qui a sa place dans les stades. Le ridicule ne tue pas et peut même apporter gloire et fortune.
Par Xav
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Vendredi 15 avril 2005
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Etrange création que ce ballet proposé par Inbal Pinto. Tout emprunt donirisme, lunivers dépeint nous fait perdre pied et nous soustrait à la pesanteur du réel. Sorte de cirque à lesthétique baroque, Oyster nous présente une galerie de personnages crépusculaires confrontant les conceptions habituelles de la beauté. De personnages il en est fortement question au sens théâtral du terme, tout comme de la narration. En cela le spectacle proposé transcende les frontières du genre chorégraphique. Comme si la poésie des mouvements, parfois bégayants, venait se substituer à celle des mots dans un conte aux accents surréalistes.
On ne peut rester insensible à lémerveillement, presque enfantin, provoqué par le monde créé par la chorégraphe israélienne et son comparse comédien Avshalom Polak. Une rêverie indispensable.
Oyster d'Inbal Pinto, le 17 avril à 15h30, théâtre de Cachan, 21 rue Louis Georgeon
Par Xav
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Mardi 5 avril 2005
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Afin de compléter son projet artistique, le théâtre de la Colline se lance dans la publication d'une revue "on-line" consacrée à l'écriture dramatique contemporaine. La qualité de du contenu de cette publication ne peut que nous faire regretter la présentation basée sur de nombreux "popups". La lecture en devient par conséquent plus que difficile. Espérons que cette idée sera rapidement abandonnée au profit d'un système de navigation plus agréable.
Par Xav
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Dimanche 3 avril 2005
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Lobscurité, le silence, puis un son presque imperceptible dont les résonances se font de plus en plus entêtantes. De la pénombre émerge lenchevêtrement des corps, tout dabord entités indistinctes, dont on reconnaîtra peu à peu les formes humaines. En effet, si la démarche artistique dAngelin Preljocaj entend substituer laction au langage et à ses imperfections à travers une « incarnation intuitive sémantique et conceptuelle », le discours tenu lui na rien dabstrait et est inhérent à la nature de lHomme.
Loppression est une constante dans N. La violence du mouvement, le grondement ininterrompu et suffocant de la musique, le caractère menaçant des projections vidéo et la perte du rapport au temps en font une expérience physique.
On ne sortira pas indemne de ce spectacle, restant comme pétrifié par ce chaos que lon ne peut nommer mais qui est inhérent à lexistence de chacun. Une uvre majeure, qui marque et qui restera.
Par Xav
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Dimanche 20 mars 2005
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Dans un univers marqué par l'ordre et la blancheur, Véra fait "la cuisine, simplement la cuisine". De simplicité il n'est pourtant nullement question ici. Au delà de l'apparence lisse que donne la jeune femme se cache un personnage complexe, passionné et sensible, dont les névroses éclateront dans un accès de violence insurmontable. Paul (le poulet est ainsi nommé en référence à un personnage énigmatique, récurent dans la conversation mais physiquement absent) en fera les frais.
Il y'a quelque chose d'absolument fascinant dans Petites Cuisines, dans les gestes de Véra autant que dans ses paroles, dans sa solitude qui est finalement rompue lorsqu'elle invite certains spectateurs à partager son repas.
On aimera Petites Cuisines pour son originalité et son coté mystérieux. On appréciera également de se rendre à l'Embarcadère pour l'accueil de la maîtresse des lieux qui vous offre un verre en signe de bienvenue.
Petites Cuisines, les mercredis, jeudis, vendredis et samedis à 20h30, jusqu'au 8 avril à l'Embarcadère, 37 rue des trois bornes (Paris 11eme). Réservations en ligne.
Par Xav
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