Théâtre/Danse

Dimanche 17 juin 2007 7 17 /06 /Juin /2007 18:35

C’est l’histoire d’une ombre que nous compte Philippe Decouflé. En d’autres temps, le chorégraphe aurait très certainement exercé ses talents au Chat Noir, haut lieu du théâtre d’ombre, cette pratique chimérique ayant aujourd’hui quasiment disparu. Des silhouettes obscurcies, Decouflé en a joué tout au long de sa carrière. Mais dans Sombrero, ce travail prend encore une autre dimension avec un travail mêlant projection et mouvement d’une précision jamais égalée auparavant.

Certes, la vidéo n’est pas chose nouvelle chez le chorégraphe, mais l’ingéniosité dont il a toujours fait preuve dans son utilisation le place d’emblée dans une catégorie à part. Comptée avec dérision, l’histoire de notre sombre héros est prétexte au développement d’un univers personnel et reconnaissable, entre burlesque et mélancolie, permettant l’enchaînement de tableaux chorégraphiés dont la plupart sont d’une complexité rare dans leur mise en place et leur rapport aux projections créées en direct ou prés enregistrées.

Decouflé prouve, s’il en était encore besoin, qu’il est maître en un univers qui n’appartient qu’à lui. Bien sûr, on pourra regretter l’absence de cette poésie envoûtante qui caractérisait Iiris, son précédent spectacle. Mais ce n’est là qu’un unique reproche mineur relevant plus d’une appréciation subjective que d’un réel jugement.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Samedi 16 juin 2007 6 16 /06 /Juin /2007 11:36

Des auteurs, des cirques, est la première édition d’un nouveau rendez-vous qui entend présenter des artistes issus du cirque mais dont la démarche s’affranchit des règles traditionnelles du genre. Plus tournées vers l’écriture, la narration ou d’autres pratiques artistiques, les formes présentées émanent d’une jeune génération de circassien, dont les approches artistiques très différentes sont malgré tout réunies par un réel souci de transdisciplinarité. Christophe Huysman et Jean-Baptiste André sont de cette génération.

Certains ont découvert le spectacle du premier lors de la dernière édition du festival d’Avignon. Human (Articulations), c’est là son nom, est un texte en apesanteur. Au sens propre comme au figuré. Acrobates spécialistes du mat chinois, les interprètes se mettent au service d’une écriture tout en rebond qui ouvre du sens plus qu’elle n’enferme dans une narration classique. La technicité n’est ici qu’au service de la poésie et n’est jamais une fin en soi. Christophe Huysman occupe une place à part dans la création théâtrale, car c’est bien de théâtre qu’il s’agit ici. Un théâtre dont le vocabulaire de mise en scène est tiré du cirque.

Si Jean-Baptiste André est quant à lui est connu, c’est paradoxalement dans le milieu de la danse, comme interprète entre autres de Christian Rizzo et Philippe Decouflé. Spécialisé lors de sa formation au Centre National des Arts du Cirque dans les équilibres sur mains et le clown, Jean-Baptiste André présente à la Villette le deuxième volet d’un diptyque composé des spectacles Intérieur Nuit et Comme en plein jour. Dans une première partie très chorégraphique, nombre de références subtiles et de clins d’œil à des personnages bien ancrés dans l’imaginaire collectif se succèdent. Assez étonnement, une césure intervient aux deux tiers du spectacle et la fusion si réussie en première partie s’efface devant un numéro de clown parfaitement maîtrisé mais moins personnel. La démarche de Jean-Baptiste André reste cependant remarquable en tous points.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Dimanche 27 mai 2007 7 27 /05 /Mai /2007 18:28

On avait manqué à plusieurs reprises la précédente création de Maria Donata d’Urso (Collection Particulière) pour des raisons de calendrier. Les quelques photos que nous avions pu en apercevoir, entre autres dans le programme du CND nous avait pourtant interpelé. C’est dans un dispositif en forme d’anneau, sorte de grande lentille forçant une perspective que la danseuse italienne évoluera tout au long de Lapsus, nouvelle pièce présentée aux Rencontres Chorégraphiques de Seine Saint-Denis.

Toujours dans une semi-pénombre, c’est à une performance quasi picturale que nous convie le spectacle. Ici s’expose le corps, presque toujours méconnaissable, comme matériau d’une peinture abstraite et constamment mouvante. Entre éclipses et crépuscules, la morphologie humaine est parfois entrevue comme en lévitation ou en flottaison dans un élément liquide invisible. Oui la beauté de ce travail pourra être perçue comme froide par certains. Mais nous ne sommes pas de ceux là. Lapsus est une vraie réussite, concrétisation d’un travail original et réellement abouti.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Dimanche 15 avril 2007 7 15 /04 /Avr /2007 18:56

Si le titre de la pièce présentée par Jonathan Burrows et Matteo Fargion dans le cadre du festival 100 dessus dessous s’intitule Speaking Dance, les amateurs d’art chorégraphique au sens strict du terme seront bien déçus par la performance, pourtant remarquable, des deux artistes. De danse nous n’en verrons que peu sur le plateau. Le dispositif place le compositeur et le danseur sur deux chaises qu’ils ne quitteront que très épisodiquement durant leur performance. Ici tout se joue sur les sonorités, les mots, les syllabes fusant avec un placement rythmique impeccable.

Maniant avec talent l’absurdité et le non sens, speaking dance tient autant de la poésie sonore que de la réflexion sur les pratiques musicale et chorégraphique. Inévitablement on pensera à des références évidentes : John Giorno, Gertrude Stein, John Cage, le Spoken Word, la poésie sonore et toute cette culture qui n’a pas attendu l’avènement médiatique du slam pour faire de l’oralité sa matière principale. On en redemande! Comme quoi, ce festival nous réserve à chaque édition de bonnes surprises.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Dimanche 11 mars 2007 7 11 /03 /Mars /2007 08:03

Une année sur deux, les plateaux des théâtres du département du Val de Marne se font espaces privilégiés pour la diffusion de la danse. Le festival de la Biennale Nationale de Danse du Val de Marne, puisque c'est de cela qu'il s'agit, n'est que la partie la plus visible des activités de cette institution historique du paysage chorégraphique nationale. Mais qui parle de visibilité ne peut éluder l'impact symbolique que celle-ci a sur la perception de cette organisation par le public.

En nous présentant certains chorégraphes, la biennale doit faire montre publiquement une fois tous les deux ans de ses prises de positions esthétiques et de son engagement. Quoi de plus triste donc que de voir s'ouvrir cet évènement par une création toute récente de Daniel Dobbels et Gérard Pesson, réspectivement chorégraphe vieillissant et compositeur poussiéreux? Si l'affiche nous paraissait déjà étonnante pour une soirée de cette importance, le résultat nous plongea dans l'expectative.

Rien, absolument rien de ce qui ne se passa sur le plateau, ne parvenait à nous sortir de cette impression tenace de déjà vu. Oui, ce style de danse néo-classique était novateur il y a quatre ou cinq décennies. Aujourd'hui il n'a plus qu'une saveur bien fade. Oui, Gérard Pesson pouvait peut être passer jadis pour un compositeur en devenir (on pardonne beaucoup à la jeunesse). Aujourd'hui son pillage systématique de l'histoire de la musique française (de Debussy à Messiaen en passant par Jolas, son professeur) nous désespère de ses talents musicaux. La biennale soutient de la création? De la (re)création plutôt, d'une sauvegarde d'un certain patrimoine qui fleure la Naphtaline. Point de hasard si cette soirée d'ouverture s'est déroulée devant une salle au tiers vide.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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