Jeudi 28 décembre 2006
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La présence de Jan Fabre dans le programme 2006/2007 de la Cité de la Musique nous semblait improbable. Nous apprenons aujourd’hui, avec beaucoup de retard, que la création d’I ‘m a Mistake, spectacle qu’il devait présenter en janvier sur la scène parisienne, est reportée à la saison prochaine.
Par Xav
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Dimanche 17 décembre 2006
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Kubilai Khan Investigations, l’entité artistique menée par Franck Micheletti nous avait, nous avait profondément intrigué avec l’une de ses précédentes créations, Sorrow Love Song, spectacle inspiré des Chroniques de l’oiseau à ressorts de Haruki Murakami. Habitué des voyages et des rencontres, les danseurs et musiciens de Kubilai Khan n’ont de cesse d’établir des liens avec d’autres populations ou cultures, que ce soit dans les anciennes régions minières de l’est de la France, au Japon ou au Mozambique, comme c’est le cas dans Gyrations of Barbarous Tribes.
Il y’a, dans le travail de Kubilai Khan, une approche globale qui va bien au delà du seul geste chorégraphique. Le traitement de l’espace par la scénographie et la mise en lumière fait montre d’une intelligence et d’une sobriété rares. Appuyé par ce travail quasi-architecturale, la performance du collectif porte une bonté et une beauté particulièrement généreuses...à tel point qu’il est difficile d’en rendre compte sans la dénaturer. On en reste quoi, jusqu’à se demander si Gyrations of Barbarous Tribes n’est pas l’un des plus beaux spectacles que nous ayons vu ces dernières années.
Gyartions of Barbarous par Kubilai Khan Investigations, le 19 octobre à Pau, Espace Pluriels - Théâtre de Saragosse.
Par Xav
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Dimanche 26 novembre 2006
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Tout commence dans un appartement froid, anonyme dans lequel le père, la mère et l'enfant nouveau-né emménagent. Cela pourrait être n'importe où, à une époque où la terreur aurait pris le dessus sur la vie. Quelques années plus tard l'enfant devenu adulte est l'un des lieutenants d'une police militarisée en guerre contre sa propre population. Programmées pour chasser, interroger, déporter et éliminer les civils selon un code bien établi, les troupes traversent le territoire dont il ne subsiste que ruines et désolation. Dans une langue elliptique dont la syntaxe est toujours en suspend les personnages côtoient à chaque instant l'imminence d'une mort certaine. L'ex-enfant devenu bourreau, étire l'attente insoutenable de ses victimes dans une curiosité malsaine…une question anime alors toutes ses (ex)actions: que se passe-t-il lorsque l'on se trouve au bord de la vie?
La violence dépeinte sur le plateau est tout à fait haïssable. Les longues scènes de supplices infligés tour à tour aux victimes et à un homme cherchant la justification de sa monstruosité dans le point de tangence entre la vie et la mort sont profondément révoltantes. Et c'est là que se trouve la force de Naitre. Certains spectateurs céderont et quitteront, à tort, la salle. Le propos sonne comme un avertissement. Certes il ne s'agit là que de théâtre, de représentation, mais la monstruosité latente, atavisme de l'homme et de ses organisations politiques n'a besoin que de peu de choses pour faire basculer le monde. Le Naître d'Alain Françon est une pièce remarquable que l'on osera à peine applaudir, tant elle est dérangeante.
Naitre d'Edward Bond, mise en scène d'Alain Françon, jusqu'au 22 décembre 2006 au Théâtre National de la Colline, 15 rue Malte Brun, Paris 20eme.
Par Xav
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Mercredi 22 novembre 2006
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Déconstruire le mythe féérique de Walt Disney, le fouler au pied et le maculer d’une critique bileuse, c’est sans nul doute l’objectif visé par la dernière création d’Ann Liv Young. Sorte de comédie musicale décadente dans laquelle Blanche Neige mènerait la danse tel un cours d’aérobic, Snow White mêle avec peu de réussite les vieux tubes des années 80 (hurlés plus que chantés) et les textes à la pornographie provocatrice revendiquée avec peu de réussite.
Il n’y a point de pureté dans l’univers d’Ann Liv Young. Ici tous les artifices du spectacle sont mis à nu dans une sorte de tourbillon nihiliste. Au delà de la revendication féministe rebattue et peu nuancée, le seul discours qui prévaut est celui d’une crétinerie quasi-punk. Rien ne peut alors sauver ce spectacle, même pas l’odeur de souffre dont semblent l’avoir entouré les médias et qui n’est sans doute pas étranger au remplissage de la salle. Avec cette création, Ann Liv Young participe d’une tendance très actuelle et ô combien regrettable de la création contemporaine, celle qui consiste à masquer la vacuité du propos en barbotant dans les eaux croupissantes d’une provocation devenue synonyme d’académisme. Seulement voilà, cette Blanche Neige ennuie plus qu’elle ne bouscule et afflige bien plus qu’elle ne dérange.
Snow White d'Ann Liv Young, jusqu'au 25 novembre 2006 au Théâtre de la Bastille, 76 rue de la Roquette, Paris 11eme.
Par Xav
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Dimanche 5 novembre 2006
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Créée en 1994 par le fondateur de Benetton, la Fabrica apparaît comme une institution hors normes. Si ce centre basé à Trévise accueille aujourd'hui de nombreuses disciplines artistiques (design, vidéo, arts graphiques, multimédia), il avait d'abord été pensé comme un lieu de réflexion unique sur les problématiques de communication publicitaire. Certaines des expériences menées à la Fabrica se matérialisèrent dans les campagnes de publicités du fabricant de pulls italien; chacun se souvient aujourd'hui des séries de photos volontairement provocatrices placardées dans les plus grande villes d'Europe.
La Fabrica aurait donc pu rester le simple outil de Benetton si elle n'avait progressivement ouvert ses portes à des pratiques s'éloignant de manière croissante de son activité originelle. Ainsi, ce centre entièrement financé par les fonds d'un grand groupe privé (chose qui apparaîtrait comme un sacrilège dans notre pays), a évolué jusqu'à devenir un lieu de résidence et de formation réputé pour les jeunes artistes. L'exposition que propose le Centre Pompidou nous permet de découvrir le foisonnement et la fraîcheur des idées développées à La Fabrica. Les œuvres, tantôt du domaine artistique ou du champ de la pédagogie multimédia, reflètent une réelle préoccupation de transmission et d'ouverture sur les sociétés contemporaines.
Parmi les travaux présentés, des exemplaires originaux du magazine Colors, initiative originale et participative, invitent à la lecture d'une alternative à la vision du monde présentée par les médias traditionnels. Plus loin, des installation multimédias nous invitent à écouter des scientifiques s'exprimer sur les enjeux démographiques, économiques et environnementaux de notre époque. L'impression d'émulation et la caractère didactique marqué des travaux rompent avec la volonté élitiste qui semble parfois gangrener la création contemporaine. Un bol d'air frais à ne pas manquer.
Fabrica: les yeux ouverts, jusqu'au 13 Novembre 2006, Foyer du Centre Pompidou Paris 4eme.
Par Xav
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Publié dans : Arts visuels et plastiques
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