Mardi 24 janvier 2006
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La Comédie Française…le nom représentatif d’un héritage historique et patrimonial semble inéluctablement lié à l’évocation des textes de Molière, Racine ou Corneille. Lorsque l’Espace Furieux de Valère Novarina entre au répertoire de l’institution, c’est donc nombre de préjugés qui sont mis à mal. Il faut dire que peu d’auteurs vivants peuvent se targuer d’avoir vu leurs œuvres jouées à la Salle Richelieu.
De l’Espace Furieux, texte créé en 1991 sou le nom de Je suis, l’on retient le formidable travail sur la langue. Partout les phrases rebondissent et les sons virevoltent ouvrant de nombreux sens à l’interprétation du spectateur. En quelques syllabes les personnages passent du désespoir à peine étouffé à une résignation dont l’envole est servi par des chansons aux thèmes improbables. Il faut rendre hommage ici à la remarquable performance des comédiens qui, en plus de servir admirablement le texte, lui restituent un coté rythmique et musicale qui donne à la pièce tout son élan.
La mise en scène de Valère Novarina est particulièrement ingénieuse et l’on ne pourra que regretter certains choix scénographiques qui, au pire la ternissent, et au mieux paraissent extrêmement curieux.
L’espace Furieux de Valère Novarina à la Comédie Française jusqu’au 8 mai 2006, Salle Richelieu, 2 rue de Richelieu, Paris 1er
Par Xav
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Lundi 16 janvier 2006
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Cela fait maintenant une dizaine d’années que Frédéric Flamand tente d’établir des passerelles entre danse et architecture. Après avoir collaboré successivement avec Elisabeth Diller, Ricardo Scofidio, Zaha Hadid et Jean Nouvel, le chorégraphe nous présente aujourd’hui sa vision de la Cité Radieuse en collaboration avec Dominique Perrault (architecte connu du grand public pour avoir conçu la Bibliothèque Nationale de France). A la tête du Ballet de Marseille depuis un peu plus d’un an, c’est donc avec des danseurs à la formation classique très marquée que le chorégraphe travaille.
De références corbuséennes il n’est en fait que très peu question dans le ballet de Frédéric Flamand. Tout juste verra t’on apparaître lors de projections furtives des images du Modulor et de l’unité d’habitation de Marseille. Si les cinq premières minutes du spectacle font remarquablement bien écho aux préoccupations relatives à l’élaboration des habitations collectives des années 1950, l’heure qui suit est marquée par l’absence d’un véritable propos.
On ne pardonnera pas au chorégraphe belge cette échappée dont on ne sait si elle doit être prise au premier degrés et qui par un manque absolu de subtilité, ridiculise l’utopie collective et urbaine de Le Corbusier, thème supposément centrale de la pièce. Ce constat chorégraphique est d’autant plus regrettable que le travail sur la lumière et l’espace réalisé par Frédéric Flamand et Dominique Perrault est remarquable par sa précision et son intelligence. Pour ce qui est de l’expressivité du mouvement il faudra malheureusement aller chercher ailleurs…
Par Xav
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Jeudi 12 janvier 2006
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C’est sans nul doute pour faire écho à l’univers de Ron Mueck que la Fondation Cartier propose dans le cadre de ses soirées nomades de découvrir le Petit Théâtre Baraque. Sous un petit chapiteau d’une capacité totale de 32 places, les spectateurs sont assis en surplomb de la scène circulaire. En bas s’agite une petite troupe de personnages aux allures presque irréelles. L’univers d’Une Case Provisoire c’est celui de l’enfance, de la poésie qui échappe souvent au récit ou à la rationalité. Etant donné la capacité très limitée du lieu, mieux vaut réserver dès maintenant.
Une Case provisoire du Petit Théâtre Baraque, du 17 au 22 janvier 2006 à la Fondation Cartier, 261 boulevard Raspail, Paris 14eme
Par Xav
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Mercredi 11 janvier 2006
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Faits d’Hiver est de ces festivals qui, avec des moyens limités, continuent à proposer une vision différente de la création chorégraphique. Face aux géants qui concentrent la majorité des subventions allouées à la discipline, ce festival atypique peut s’enorgueillir d’avoir su combattre les idées préconçues qui semblent souvent circuler à propos de la danse contemporaine.
Pour cette édition 2006 ce sont donc 9 lieux de diffusion qui présenteront le travail de 15 compagnies entre le 12 janvier au 2 février. La programmation mêle noms reconnus (Christine Bastin et Daniel Larrieu) et chorégraphes émergents pour des formes classiques ou des performances (au Centre d’Art Contemporain de Brétigny-sur-Orge par exemple).
Faits d’Hiver, danses d’auteurs, du 12 janvier au 2 février 2006 dans différents lieux en Ile de France
Par Xav
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Mardi 10 janvier 2006
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La table est dressée ! Dans la salle centrale du Palais de la Porte Dorée, le dispositif du Festin de Claude Brumachon fait écho à un imaginaire médiévale certain. Assis sur de grandes chaises massives les spectateurs convives se voient servir une danse brute, faite de chutes et de fracas.
Au plus près des corps les sens peuvent s’attacher aux détails d’ordinaire effacés par la distance : le tremblement d’une main, la furtivité d’un regard ou une respiration haletante. La danse de Claude Brumachon a une dimension profondément humaine, toujours au bord de la rupture, à l’image de ces danseurs alignés qui peu à peu fléchissent mais ne tombent pas. On ne regrettera que certains choix musicaux, les morceaux de technos ne trouvant que peu leur place au sein d’une ambiance qui tend majoritairement vers le baroque. On ressort malgré tout rassasié de cette pièce à l’approche si particulière.
Le Festin par Claude Brumachon, Benjamin Lamarche et les danseurs du CCN de Nantes, jusqu'au 14 janvier au Palais de la Porte Dorée, 293 avenue Daumesnil, Paris 12eme.
Par Xav
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