Arts visuels et plastiques

Mardi 22 novembre 2005 2 22 /11 /Nov /2005 01:00

Alors que l’inauguration du Musée d’Art Contemporain du Val de Marne (Mac/Val) s’étale partout dans les média, l’exposition temporaire qui s’y déroule semble avoir peu de retentissement. Jacques Monory n’est pourtant pas des artistes les moins médiatiques.

S’inscrivant dans le mouvement de la nouvelle figuration, l’œuvre de artiste a toujours été marquée par une forte influence cinématographique. Scènes de polars ou de science-fiction comme teintées par un filtre bleu, les peintures de Jacques Monory relèvent d’une vision glacée de nos sociétés modernes. Il y’a 50 ans, le peintre organisait sa première exposition professionnelle. Aujourd’hui, son œuvre semble appartenir au passé, tant l’imaginaire qu’elle développe semble ancrée dans une esthétique trop vite devenue désuète. Comme si cela ne suffisait pas, la scénographie (cimaises d’un bleu terne, éclairage au néon) parachèvent l’impression d’anachronisme. Pour nous, la nostalgie des années 60 ne prend pas.

Jacques Monory/Détour, jusqu’au 26 mars 2006 au MAC/VAL, place de la Libération, Vitry sur Seine. Rencontre avec l’artiste jeudi 2 février 2006 à 19h au restaurant du musée.

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Lundi 21 novembre 2005 1 21 /11 /Nov /2005 00:53

Les expositions de l’Espace Electra se caractérisent toujours par l’extrême attention portée à la scénographie. Voyage intérieur, dont la thématique reste exprimée de manière particulièrement évasive par ses commissaires ne fait pas exception à ce constat.

Plongés dans une atmosphère de labyrinthe coupé de toute source de lumière naturelle, les visiteurs sont invités à parcourir les différentes pièces d’une maison, marquées par autant de thématiques aux appellations improbables : Infinite White Cube, Black Vampire Rubber Zone ou encore Unknown Pleasures. Chaque espace présente des œuvres hétéroclites qui, une fois inscrites dans un contexte de dialogue, créent un fort sentiment d’étrangeté. Tantôts inquiétantes, éthérées ou oniriques, les ambiances créées témoignent de la résurgence d’une certaine mythologie dans la création contemporaine. « La balade au pays du symbolisme et de la décadence » évoquée dans le programme fait alors sens et recouvre le caractère immanent dont le titre était annonciateur.

Voyage Intérieur, jusqu’au 5 mars 2006 à l’Espace Electra, 6 rue Récamier, Paris 7eme.

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Mardi 15 novembre 2005 2 15 /11 /Nov /2005 00:00

De Robert Malaval on avait pratiquement tout oublié jusqu’à ce que Jérôme Sans et Nicolas Bourriaud (les actuelles co-directeurs du Palais de Tokyo) décident de lui consacrer deux expositions coup sur coup, dans la capitale et à la biennale de Lyon. C’est au volet parisien de cette exhumation d’une œuvre négligée que nous nous sommes intéressés. On notera au passage que Robert Malaval est le premier artiste disparu à voir ses œuvres présentées au Palais de Tokyo, lieu d’ordinaire dédié à la création.

Du Kamikaze, Robert Malaval avait le penchant pour le risque et le tempérament explosif. Le vaste espace dédié à l’exposition se fait largement l’écho d’une peinture créée dans l’urgence, miroir d’une esthétique rock si chère à l’artiste. Des chaises longues et la diffusion de créations sonores replongent les visiteurs dans la période glam, faite de paillettes et de couleurs tapageuses.

Un second espace est consacré aux œuvres réalisées durant la période « aliment blanc ». Des objets usuels et des corps tous dévorés par une substance blanchâtre, en contraste affirmé avec le clinquant des toiles de l’artiste, symbolisent la progression inexorable d’un mal certain au sein de la société. Mal qui ronge le Palais de Tokyo et son orientation consumériste dont il est décidément difficile de s’abstraire.

Robert Malaval Kamikaze, jusqu'au au 8 janvier 2006 au Palais de Tokyo, Paris 16eme

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Lundi 7 novembre 2005 1 07 /11 /Nov /2005 00:00

Scènes de vie ou comment le quotidien s’insinue dans le travail des artistes ? Sur le papier un large programme d’œuvres vidéo, de performances et de lectures devaient soulever, au Centre Culturel Suisse, la problématique de l’anodin et du banal dans la création contemporaine.

Dans la réalité, la banalité annoncée laisse place à une médiocrité certaine. Les installations vidéo, qui se résument à quelques écrans poussiéreux déposés à hauteur de pieds, diffusent des œuvres déjà flétries par leur présence dans les collections de nombreux musées (qui n’a encore jamais vu Lady’s de Cui Xiuwen ?). Quant aux performances, il aurait pu nous être donner la chance de vous en rapporter une, si celles-ci n’avaient pas une fâcheuse tendance à ne pas se dérouler aux heures et jours indiqués sur le programme. Relevant plus du dilettantisme outrecuidant que du professionnalisme attendu d’une institution s’apprêtant à fêter bruyamment ses 20 ans, Scènes de vie prouve une fois de plus le caractère inepte du Centre Culturel Suisse.

Scènes de vie jusqu’au 18 décembre 2005, au Centre Culturel Suisse, 32 rue des Francs Bourgeois, Paris 3eme

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Samedi 5 novembre 2005 6 05 /11 /Nov /2005 00:00

Forte d’une riche programmation, l’année du Brésil en France nous aura permis de découvrir le travail de nombreux artistes brésiliens contemporains, dont les réalisations sont peu présentées dans notre pays. Bien sûr, Tunga n’est pas un inconnu pour qui fréquente la galerie Daniel Templon où ont déjà été exposées plusieurs de ses œuvres. Mais le projet qui est aujourd’hui dévoilé par ce plasticien est d’une toute autre ampleur. Fruit d’une commande du musée du Louvre, A la lumière des deux mondes se veut faire écho à l’exposition Frans Post dont l’œuvre a largement eu pour thématique le Brésil. De dimension monumentale, l’installation de Tunga vient occuper une large part de l’emplacement se trouvant sous la pyramide, transformant pour la première fois ce lieu en espace d’exposition. A la lumière et à la transparence inondant le lieu, l’artiste répond par le métal et la noirceur, pour évoquer les rapports entre l’Europe et l’Amérique Latine. Quoi de plus symbolique que cette réappropriation d’un lieu emblématique de la culture occidentale par un artiste du "nouveau monde" ?  

A la lumière de deux mondes de Tunga, jusqu’au 19 décembre 2005, Pyramide du Louvre, Paris 1er

Par Xav - Publié dans : Arts visuels et plastiques
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