Lundi 3 avril 2006
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Les habitués des spectacles de la compagnie Montalvo/Hervieu gardent certainement en mémoire la présence scénique éclatante de Merlin Nyakam, interprète à l’énergie particulièrement communicative. C’est aujourd’hui en tant que chorégraphe à la tête de sa jeune compagnie que le danseur camerounais se présente à Chaillot. « Mais on m’a dit… ». C’est avec ces quelques mots que Liberté d’Expression, la deuxième création de la compagnie la Calebasse s’ouvre sur un univers particulièrement jouissif et rythmé. On nous avait en effet « dit » qu’il fallait absolument voir ce spectacle…
Liberté d’Expression détone, à notre grand bonheur, avec les courants esthétiques actuels dominant les créations chorégraphiques, et est marqué par une fraîcheur et une originalité indéniable. La force de persuasion de Merlin Nyakam est si forte que certaines scènes qui relèvent presque du cliché – on pense ici à ce tableau réunissant des individus aux signes « ostentatoires » reflétant des croyances diverses- ne sombrent à aucun moment dans les travers qu beaucoup n’auraient su éviter. En usant de l’humour et de la distanciation, le chorégraphe fait preuve d’une approche qui ne laisse aucune place à la pensée moraliste démagogique. La non communication thème rebattu par nombre d’artistes contemporains semble bien convenir à Merlin Nyakam qui saint en tirer un spectacle magistral. Un véritable moment de bonheur aux sons des percussions et du balafon.
Liberté d’Expression par Merlin Nyakam et la compagnie la calebasse, jusqu’au 7 avril au Théâtre National de Chaillot, Paris 16eme
Par Xav
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Mercredi 15 mars 2006
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C’est dans le cadre de ses Maquettes, séance de travail en public durant laquelle un artiste chorégraphique présente des extraits de sa création au public, que la Biennale de la Danse du Val de Marne nous propose de découvrir Bharata/Bach. Cette pièce présentée en en février au Théâtre de la Ville/les Abbesses se veut être la rencontre entre la tradition indienne et la musique sacrée de Bach. L’accès à cette rencontre est libre dans la limite des places disponibles.
Maquette de Bharata/Bach par Maria-Kiran, le 5 avril à 19h30 à l’Espace Adnré Malraux, 2 place Victor Hugo, Le Kremlin-Bicêtre. Invitations valables pour deux personnes dans la limite des places disponibles.
Par Xav
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Mardi 7 mars 2006
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Si le Projet HLA est sous titré Tragédie Techno c’est que cette pièce écrite par Nicolas Fretel reprend certains éléments de la tragédie classique pour en faire la base d’un spectacle à l’esthétique résolument. Le chœur antique, représentée par une unique femme au look technoïde nous présente les protagonistes : le fils monté sur semelles compensées, la mère princesse des ténèbres et le père semblable en tout point aux personnages naguère interprétés à l’écran par Bela Lugosi. Pour oublier la violence du père, le viol du fils et le malheur de la mère d’avoir enfanté d’un homosexuel, cette famille qui n’a rien d’idéal s’immerge littéralement dans l’alcool.
Causé par les diverses liqueurs consommées et la folie rampante qui règne au sein du foyer, le meurtre du père semble presque naturel. Ses restes iront reposer dans une urne en plastique au dessus d’un aquarium où surnagent cadavres de bouteilles et poissons rouges en plastique. Sans cesse distanciée par un usage intensif du grandguignolesque (les effusions de sang, les « chansons » hurlés par un Denis Lavant plus rock que nature…) la tragédie semble perdre de sa force pour ne conserver que sa bizarrerie. Difficile pour nous de réellement rentrer dans cette univers baroque, ce qui n’est pas le cas d’une majorité du publique.
Le projet HLA, jusqu’au 26 mars au Théâtre National de la Colline, 15 rue malte-Brun, Paris 20eme
Par Xav
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Jeudi 2 mars 2006
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Avec Terrain Vague, la dernière création de la compagnie Käfig, Mourad Merzouki semble vouloir renouer avec ses origines circassiennes. Acrobates, comédiens et danseurs hip-hop se mêlent sur scène dans un spectacle qui met clairement l’accent sur les performances physiques et techniques. Le résultat n’en est pour le moins que peu convainquant.
Il y’a d’abord le lieu du spectacle, ou plutôt le « non lieu », pour employer une expression si chère à Marc Augé. Le terrain vague qui nous est présenté sur fond de gratte-ciels offre une vision éculée, proche du cliché. Sous des lumières faiblardes, dont on peut se demander si elles ne révèlent pas un manque d’aboutissement du travail de création, les saynètes sans véritable lien s’enchaînent au gré de morceaux de musiques surannés. Ce qui frappe le plus dans Terrain Vague c’est l’absence de propos narratif ou poétique. Il n’y réside pas non plus de véritable prise de position esthétique. Ce qui nous reste se limite donc au spectaculaire et à la prise de risque : deux des traits les moins intéressants du hip-hop et du cirque. La déception provoquée par Terrain Vague est d’autant plus importante que le premier tableau du spectacle laissait augurer d’une vision tout à fait originale.
Par Xav
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Lundi 20 février 2006
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L’univers d’Alain Platel fait de confrontations esthétiques a de quoi décontenancer. On se souvient des remous provoqués par la création de Wolf à l’Opéra de Paris la saison dernière. Disons le d’emblée, VSPRS est le spectacle le plus étrange qu’il nous ait été donné de voir cette saison. Il y’a cependant une certaine poésie dans la juxtaposition d’éléments aussi disparates que ceux dont use Alain Platel : les arrangements des vêpres de Monteverdi interprétées par Aka Moon et l’Ensemble Oltremontano, la scénographie représentant une falaise prétexte à une danse verticale et les spasmes qui semblent toucher un à un les danseurs.
Du (trop) long crépuscule qui nous est dépeint par Alain Platel s’échappent quelques brefs rires qui n’éclipsent jamais une inquiétude latente. Les danseurs des Ballets C. de la B. défient la gravité, tremblent et chutent dans un tourbillon qui ne semble jamais vouloir s’arrêter. Plus proche de la folie que de l’extase promise dans le programme, Platel semble tabler sur la répétition et la temporalité particulière habituellement associées à la transe. VSPRS manque à plusieurs reprises une conclusion qui en aurait fait une œuvre beaucoup plus puissante et nous rappelle, comme Stravinsky aimait à le dire, que trop d’œuvres « finissent trop longtemps après la fin ».
Par Xav
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