Théâtre/Danse

Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /Oct /2006 17:18

La seule évocation des mots "danse" et "Afrique" au détour d'une même locution fait irrémédiablement émerger nombre de clichés bien ancrés dans l'imaginaire collectif. Colorée, vive et rythmée…la conception que certaines peuvent être amenés à se construire de la création chorégraphique africaine contemporaine tient plus du folklore touristique que de la réalité. Car si les chorégraphes africains actuels sont marqués par une identité qui leur est spécifique, c'est bien de danse contemporaine que nous allons parler ici et non de la survivance d'une tradition recréé de toute pièce pour divertir le public occidental.

Compagnie burkinabée créée par deux danseurs/chorégraphe, Salia nï Seydou est de ces entités qui semblent ne pas concevoir la création sans prise de risques. Ici ils sont nombreux. Il y'a déjà la présence de musiciens sur scène…et pas n'importe lesquels puisqu'il s'agit d'Ars Nova. Il y'a aussi les compositions qui accompagnent le spectacle, celle de Jean-Pierre Drouet qui, si elles sont chacune des mines d'inventions, ne sont pas loin de là les plus aisés à danser. Enfin il y'a cette gestuelle, caractéristique d'un style affirmé et sans compromis qui ne peut laisser indiffèrent. Un pas de côté, pour sortir de son rang, comme si musiciens et danseurs ne formaient plus qu'un seul corps (de ballet) musical ou un unique orchestre dansant.

Ars Nova, excellent dans cette exercice aussi chorégraphique qu'acoustique, ne ménage pas ses efforts pour accompagner les danseurs dans des tourbillons atonaux desquels émergent parfois des rythmes et des mélodies plus reconnaissables. La danse, elle même majoritairement abstraite, retrouve également par moments un caractère plus explicite. L'équilibre est parfaitement maintenu, la réussite totale. Salia nï Seydou nous prouve, s'il en était encore besoin que la création africaine recèle d'une vitalité incomparable.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /Juil /2006 10:50

A la mécanisation qui a profondément bouleversé nos sociétés, l’on semble souvent associer la déshumanisation qu’elle a engendrée. Pourtant, certains analystes, à l’instar de Jean Fourastié, se sont attachés à décrire les progrès que la machine aura permis au long du XXeme siècle. L’économiste français écrivait lui même en 1949 que la « La machine conduit l'homme à se spécialiser dans l'humain. » Si cette vision semble aujourd’hui utopique, elle n’est certainement pas étrangère à la pensée qui anime la pièce que nous propose Dominique Boivin dans le cadre de Paris Quartier d’Eté.

En effet, dans Transports Exceptionnels, duo pour danseur et pelleteuse, le chorégraphe s’attache à insuffler une humanité, une poésie à la mécanique dans ce qu’elle a de plus brute. Loin de s’attacher à la performance pure et à la prise de risque la chorégraphie et la mise en scène révèlent une finesse, un coté aérien et un certain humour qui en font une réussite. La danse, art dont l’essence se dessine sur le vivant vient ici collaborer avec la pelleteuse dans un ballet d’une précision et d'une justesse à peine croyable. 

On ne manquera pas, pour rester dasn la même thématique de l'utilisation artistique de la mécanique, d'aller visiter l'exposition du Grand Répertoire dans le cadre du même festival.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Mercredi 5 juillet 2006 3 05 /07 /Juil /2006 20:04

On pensait ne plus le revoir pendant quelques années, après ses récentes et démesurées aventures footballistiques. Il n’en est rien. Philipe Découflé nous revient pour la prochaine saison avec plus de projets qu’un homme normalement constitué ne peut en porter. Il y’aura d’abord cet Autre Défilé mettant en scène danseurs professionnels et amateurs pour une présentation d’une centaine de costumes de la Comédie Française et de l’Opéra de Paris. Mais ce n’est pas tout. Habitué des salles de Chaillot, le chorégraphe y présentera deux pièces : les Sombres Héros sur une musique de Brian Eno et la reprise de son solo Le doute m’habite.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Lundi 3 juillet 2006 1 03 /07 /Juil /2006 20:10

Il fallait faire un tour dans le hall du Théâtre de la Ville en cette période d’ouverture des abonnements 2006/2007 pour y croire. Chaque année, le système de réservation stalinien voulu par Gérard Violette nous offre le même spectacle, réminiscence des pires heures du rationnement. Les politiques d’abonnement et de réservation du lieu en disent long sur ses ambitions en terme d’élargissement des publics et de démocratisation culturelle. Tant pis, le même public continuera à aller voir les spectacles des mêmes chorégraphes labellisés Théâtre de la Ville et, de ce fait, invisible ailleurs. Et comme cette vieille maison n’est pas réfractaire au progrès, il sera désormais possible de réserver en ligne.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Jeudi 20 avril 2006 4 20 /04 /Avr /2006 16:19

Fêtant les vingt ans de son ballet cette année, Angelin Preljocaj se voyait consacrer deux programmes différents au Théâtre de la Ville. Après sa dernière création sur les Quatre Saisons que nous avions pu découvrir cet automne, le chorégraphe installé à Aix en Provence nous proposait donc deux pièces de son répertoire distantes de quinze années ; deux extrémités d’un style chorégraphique qui n’a cessé d’évoluer tout en gardant une personnalité forte.

Empty Moves, pièce pour quatre danseurs créée en 2004, prend pour bande son la performance d’Empty Words que John Cage donna à Milan en 1977. Ardent défenseur de l’aléatoire et du hasard dans la création artistique, Cage basait son travail sur les concepts du I Ching. Servant de base à la composition, à l’écriture ou la réécriture de textes, le I Ching était l’instrument principal d’une œuvre sa caractérisant par sa forte abstraction. Du texte d’Henry David Thoreau qui servit de point de départ à Empty Words, il ne reste à l’arrivée que des syllabes désarticulées, vides de sens, assenées à un public partagé entre la moquerie et le recours à l’insulte. C’est donc sur cette lecture mouvementée et particulièrement symbolique que les quatre danseurs évoluent. Angelin Preljocaj abandonne ici toute thématique et artifice de scénographie pour se concentrer sur le mouvement, sa fluidité et sa dimension esthétisante. Le travail sur les portées et l’enchevêtrement des corps est particulièrement ciselé et la gravité ne semble plus avoir de prise sur les danseurs. Cette danse aérienne rappelle un autre pièce récente de Preljocaj : Helikopter. Dépouillé et réduit à sa matière essentielle, Emtpy Moves touche au sublime.

A l’opposé du spectre Preljocaj se trouve Noces, chorégraphie de 1989 sur la pièce de Stravinsky du même nom. D’influence néo-classique, ce ballet était déjà marqué par certaines des caractéristiques qui feront le style du chorégraphe tout au long de sa carrière. Le travail sur les diagonales y est par exemple très présent. Noces de par son caractère classique revendiqué n’aurait aucun mal à entrer au répertoire d’un de nos opéras nationaux. N’en déplaise à certains, ce programme prouve, s'il en était encore besoin, qu'Angelin Preljocaj est l’un des quelques très grands chorégraphes français.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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