Théâtre/Danse

Samedi 27 janvier 2007 6 27 /01 /2007 18:22

Il y’a quelque chose de profondément étrange dans les créations qui émanent des Ballets C de la B, entité pluricépahale chorégraphique établie depuis 1984 en Belgique. L’année dernière, Alain Platel nous avait nourri avec VSPRS de sa vision toute personnelle de la ferveur et du mysticisme au Théâtre de la Ville. Difficile de ne pas établir de parallèle entre cette relecture de vêpres de Monteverdi et Import/Export, spectacle qui nous est aujourd'hui présenté par Koen Augustijnen.

Dans un décor de hangar ou s’empilent palettes et conteneurs un quatuor à corde et un alto chantent des chants d’un autre temps, inspirés ou adaptés de Couperin, Charpentier ou encore Clérembeau...Dans cet univers décalé ou l’industrialisme semble atteindre son crépuscule, les corps sont bringueballants, martyrisés, distordus et meurtris. Si les coups se terminent parfois en caresses, c’est une extrême violence qui prédomine. Fait de chocs et de quasi-dislocation, le vocabulaire corporel de Koen Augustijnen et de ses danseurs/acrobates semble faire écho à un irrésistible sentiment d’aliénation. Mais...ce n’est pas tout. A l’image de son titre, ce spectacle est ceint en deux parties. Alors que les interprètes s’alignent à l’avant scène comme pour venir saluer, un autre spectacle, beaucoup plus léger et burlesque prend le dessus.

De jeu de téléphone arabe en monologues absurdes, une autre réalité dont seuls sont capables les ballets C de la B semble naître. Au sortir d’une telle aventure, on ne se hasarde pas à essayer de nommer ce à quoi l’on a assisté tant il y'a matière à être déconcerté ...mais une chose est certaine, cela valait la peine d’être vu.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /2007 08:55

Chaque spectacle d’Ariane Mnouchkine est attendu avec grande impatience par les amateurs de théâtre. Il faut dire que la metteur en scène, éminente figure d’une conception renouvelée du théâtre née dans les année 70, a très souvent touché au génie en montant les textes des autres de Molière à Cixous en passant par Shakespeare.

Bien sûr, il y’a eu depuis le Dernier Caravanserail, une premier spectacle explorant un travail basé sur l’improvisation. Le résultat, peu convaincant, laissait encore malgré tout transparaître l’éclat d’un savoir de la mise en scène hors du commun.

C’est d’ailleurs les idées de mise en scène explorées dans cette précédente création qu’Ariane Mnouchkine reprend aujourd'huipour ses Ephémères. Instantannés de la vie quotidienne, les saynètes se succèdent sans réel lien si ce n’est le regard constamment misérabiliste qui est posé sur la condition humaine. La pitié bien pensante qu’il nous « faut » éprouver pour le couple criblé de dettes, la mère qui élève seule son enfant où encore le transsexuel rejeté est absolument étouffante. Il n’est plus ici question de texte, mais d’une mauvaise vision documentaire. Rien ne sauve l’affaire, ni le dispositif scénique autrefois génial mais emprisonné sur un plateau exigu et bifrontal, ni la musique de Jean-Jacques Lemêtre, qui ne nous avait jamais habitué à autant de mièvrerie. Le Théâtre du Soleil semble, avec ce spectacle, ne plus vivre que sur les reliques d’une utopie, qui en abandonnant son caractère politique n’est plus capable que d’une lumière doucereuse.

Les Ephémères, jusqu’à plus soif au Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12eme.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /2006 07:57

La présence de Jan Fabre dans le programme 2006/2007 de la Cité de la Musique nous semblait improbable. Nous apprenons aujourd’hui, avec beaucoup de retard, que la création d’I ‘m a Mistake, spectacle qu’il devait présenter en janvier sur la scène parisienne, est reportée à la saison prochaine.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Dimanche 26 novembre 2006 7 26 /11 /2006 09:34

Tout commence dans un appartement froid, anonyme dans lequel le père, la mère et l'enfant nouveau-né emménagent. Cela pourrait être n'importe où, à une époque où la terreur aurait pris le dessus sur la vie. Quelques années plus tard l'enfant devenu adulte est l'un des lieutenants d'une police militarisée en guerre contre sa propre population. Programmées pour chasser, interroger, déporter et éliminer les civils selon un code bien établi, les troupes traversent le territoire dont il ne subsiste que ruines et désolation. Dans une langue elliptique dont la syntaxe est toujours en suspend les personnages côtoient à chaque instant l'imminence d'une mort certaine. L'ex-enfant devenu bourreau, étire l'attente insoutenable de ses victimes dans une curiosité malsaine…une question anime alors toutes ses (ex)actions: que se passe-t-il lorsque l'on se trouve au bord de la vie?

La violence dépeinte sur le plateau est tout à fait haïssable. Les longues scènes de supplices infligés tour à tour aux victimes et à un homme cherchant la justification de sa monstruosité dans le point de tangence entre la vie et la mort sont profondément révoltantes. Et c'est là que se trouve la force de Naitre. Certains spectateurs céderont et quitteront, à tort, la salle. Le propos sonne comme un avertissement. Certes il ne s'agit là que de théâtre, de représentation, mais la monstruosité latente, atavisme de l'homme et de ses organisations politiques n'a besoin que de peu de choses pour faire basculer le monde. Le Naître d'Alain Françon est une pièce remarquable que l'on osera à peine applaudir, tant elle est dérangeante.

Naitre d'Edward Bond, mise en scène d'Alain Françon, jusqu'au 22 décembre 2006 au Théâtre National de la Colline, 15 rue Malte Brun, Paris 20eme.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /2006 14:31

Déconstruire le mythe féérique de Walt Disney, le fouler au pied et le maculer d’une critique bileuse, c’est sans nul doute l’objectif visé par la dernière création d’Ann Liv Young. Sorte de comédie musicale décadente dans laquelle Blanche Neige mènerait la danse tel un cours d’aérobic, Snow White mêle avec peu de réussite les vieux tubes des années 80 (hurlés plus que chantés) et les textes à la pornographie provocatrice revendiquée avec peu de réussite.

Il n’y a point de pureté dans l’univers d’Ann Liv Young. Ici tous les artifices du spectacle sont mis à nu dans une sorte de tourbillon nihiliste. Au delà de la revendication féministe rebattue et peu nuancée, le seul discours qui prévaut est celui d’une crétinerie quasi-punk. Rien ne peut alors sauver ce spectacle, même pas l’odeur de souffre dont semblent l’avoir entouré les médias et qui n’est sans doute pas étranger au remplissage de la salle. Avec cette création, Ann Liv Young participe d’une tendance très actuelle et ô combien regrettable de la création contemporaine, celle qui consiste à masquer la vacuité du propos en barbotant dans les eaux croupissantes d’une provocation devenue synonyme d’académisme. Seulement voilà, cette Blanche Neige ennuie plus qu’elle ne bouscule et afflige bien plus qu’elle ne dérange.

Snow White d'Ann Liv Young, jusqu'au 25 novembre 2006 au Théâtre de la Bastille, 76 rue de la Roquette, Paris 11eme.

Par Xav - Publié dans : Théâtre/Danse
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