Grâce à Nomao, un nouvel outil de géolocalisation, Panopticon.fr se lance dans un projet qui consiste à répertorier tous les lieux qui comptent dans le domaine de la création artistique et de la diffusion culturelle. Pour accéder à cet outil qui ne cessera de s’enrichir, rendez-vous sur notre carte ou directement dans la colonne de droite de ce site.
Par Xav
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Lors de la publication du dernier billet de ce blog, nous n’avions pu assister à la création à la création de Genus, commande de l’Opéra de Paris au chorégraphe britannique Wayne McGregor pour cause de mouvement asocial (notez ici, chers lecteurs, que le « a » privatif n’est nullement une faute de frappe) de certains membres du personnel technique. C’est donc le soir du 1er novembre que nous avons pu découvrir cette pièce consacrée à la théorie de l’évolution.
Le traitement de cette thématique, disons le tout net, se révèle dans les faits assez mystérieuse…jusqu’à l’apparition à dix minutes de la fin de projections vidéos représentatives de l’évolution de divers espèces. A ce moment, et avec un regard rétrospectif, l’ensemble du ballet semble prendre corps et faire sens. De l’évolution, Wayne Mcgregor semble avoir une vision relativement pessimiste…comme si venait se plaquer sans cesse sur les corps blafards, la lumière glacée et la scénographie austère la question du réel devenir de l’homme, sans aucun doute destiné à disparaître de la même manière que les espèces dont il a causé la perte. Ce n’est donc pas un discours léger qui nous est adressé. Mais la beauté et l’espoir y gardent une place, qui même réduite, aura pour effet de marquer profondément.
Genus, chorégraphie de Wayne Mcgregor, au Palais Garnier, 1 Place de l’Opéra Paris 1er jusqu'au 10 novembre 2007
Par Xav
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Aujourd’hui, pour la deuxième soirée consécutive, l’Opéra de Paris se voit contraint d’annuler les représentations prévues à Garnier et à Bastille à cause d’une grève d’une partie du personnel technique. Les spectateurs ayant des billes pour les représentations annulées se voient offrir la possibilité d’un remboursement, ou lorsque c’est possible, l’échange des billets pour une autre date. Voici donc comment une poignée de mécontents dilapident le denier public. Car ne l’oublions pas, chaque grève a un coût qui, pour le cas qui nous concerne, viendra grever le budget de cette institution culturelle nationale. Cette attitude est d’autant plus inacceptable dans une période ou les caisses de l’état font apparaître une dette de plus de 1 150 milliards d’euros et ou certaines causes, bien plus importante que la défense de la culture, réclament que leur soient attribués des moyens bien plus conséquents. La grève, nous informe l’opéra, se poursuivra certainement la semaine prochaine.
Emmanuel Gat fait partie de ces jeunes chorégraphes dont nous n’avions pas encore rencontré le travail et dont nous ne savions rien. Nul préjugé ne pouvait donc venir altéré la perception des trois pièces qui nous était présentées dans le cadre du Festival d’Automne à la Maison des arts de Créteil. Venu sur le tard à la danse, cet « ancien surfeur et sportif de haut niveau », a-t-on cru bon de nous préciser sur le programme du spectacle, est désormais installé en résidence dans le sud de la France.
Plus que liée par un réel dénominateur commun, la soirée qui nous est présentée semble avoir été conçue comme un catalogue destiné à mettre en évidence les capacités d’Emmanuel Gat à transposer sa démarche dans différents types de configuration : le solo, le duo, et la chorégraphie chorale avec une pièce pour 8 danseurs. Chacune des pièces confirmera cette impression première en démontrant certes de grandes capacités techniques de la part du chorégraphe et des danseurs mais dans une danse bavarde, parfois maniérée, manquant fondamentalement d’une cause, quelle qu’elle soit, à défendre. Au final nous ne sommes pas si loin de ces fastidieuses présentations de l’école de danse pratiquées dans les opéras à travers le monde.
A l’issue du spectacle, la lecture de nombreux articles élogieux semble nous conforter dans l’idée que le chorégraphe est capable de beaucoup mieux. Il nous faudra attendre un prochain passage de sa compagnie dans la capitale pour en juger.
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Le hasard veut que notre dernier article en date soit déjà consacré au chorégraphe français. C’est là le fait d’une double cause, l’actualité particulièrement chargée de ce dernier, et le rythme pour le moins sporadique des publications de Panopticon ces derniers mois. Loin de tout ce que nous pensions connaître de Decouflé, Cœurs Croisés est une revue de cabaret baroque convoquant un imaginaire bizarroïde et bigarré, rémanences de vieux projets de spectacles n’ayant jamais vu le jour pour les Folies Bergères et Las Vegas. A y regarder de plus près, l’on se demande ce que Philippe Decouflé a réellement à voir avec cette succession d’un kitsch assumé de numéros de strip-tease, de chants souvent incertains et de cirque, tant son empreinte en semble absente. Mais au final peu importe. La sincérité et l’absence de prétention de cette troupe singulière fait de Cœurs Croisés un spectacle touchant, insolite et attachant.
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C’est l’histoire d’une ombre que nous compte Philippe Decouflé. En d’autres temps, le chorégraphe aurait très certainement exercé ses talents au Chat Noir, haut lieu du théâtre d’ombre, cette pratique chimérique ayant aujourd’hui quasiment disparu. Des silhouettes obscurcies, Decouflé en a joué tout au long de sa carrière. Mais dans Sombrero, ce travail prend encore une autre dimension avec un travail mêlant projection et mouvement d’une précision jamais égalée auparavant.
Certes, la vidéo n’est pas chose nouvelle chez le chorégraphe, mais l’ingéniosité dont il a toujours fait preuve dans son utilisation le place d’emblée dans une catégorie à part. Comptée avec dérision, l’histoire de notre sombre héros est prétexte au développement d’un univers personnel et reconnaissable, entre burlesque et mélancolie, permettant l’enchaînement de tableaux chorégraphiés dont la plupart sont d’une complexité rare dans leur mise en place et leur rapport aux projections créées en direct ou prés enregistrées.
Decouflé prouve, s’il en était encore besoin, qu’il est maître en un univers qui n’appartient qu’à lui. Bien sûr, on pourra regretter l’absence de cette poésie envoûtante qui caractérisait Iiris, son précédent spectacle. Mais ce n’est là qu’un unique reproche mineur relevant plus d’une appréciation subjective que d’un réel jugement.
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Des auteurs, des cirques, est la première édition d’un nouveau rendez-vous qui entend présenter des artistes issus du cirque mais dont la démarche s’affranchit des règles traditionnelles du genre. Plus tournées vers l’écriture, la narration ou d’autres pratiques artistiques, les formes présentées émanent d’une jeune génération de circassien, dont les approches artistiques très différentes sont malgré tout réunies par un réel souci de transdisciplinarité. Christophe Huysman et Jean-Baptiste André sont de cette génération.
Certains ont découvert le spectacle du premier lors de la dernière édition du festival d’Avignon. Human (Articulations), c’est là son nom, est un texte en apesanteur. Au sens propre comme au figuré. Acrobates spécialistes du mat chinois, les interprètes se mettent au service d’une écriture tout en rebond qui ouvre du sens plus qu’elle n’enferme dans une narration classique. La technicité n’est ici qu’au service de la poésie et n’est jamais une fin en soi. Christophe Huysman occupe une place à part dans la création théâtrale, car c’est bien de théâtre qu’il s’agit ici. Un théâtre dont le vocabulaire de mise en scène est tiré du cirque.
Si Jean-Baptiste André est quant à lui est connu, c’est paradoxalement dans le milieu de la danse, comme interprète entre autres de Christian Rizzo et Philippe Decouflé. Spécialisé lors de sa formation au Centre National des Arts du Cirque dans les équilibres sur mains et le clown, Jean-Baptiste André présente à la Villette le deuxième volet d’un diptyque composé des spectacles Intérieur Nuit et Comme en plein jour. Dans une première partie très chorégraphique, nombre de références subtiles et de clins d’œil à des personnages bien ancrés dans l’imaginaire collectif se succèdent. Assez étonnement, une césure intervient aux deux tiers du spectacle et la fusion si réussie en première partie s’efface devant un numéro de clown parfaitement maîtrisé mais moins personnel. La démarche de Jean-Baptiste André reste cependant remarquable en tous points.
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Mettons d’entrée de jeu de coté dans cet article la qualité musicale des représentations de Lohengrin données à l’Opéra Bastille. Point de Valery Gergiev pour nous, mais la direction de Michael Guttler face à un orchestre qui ne cesse d’étonner saison après saison n’avait rien des faiblesses que l’on pourrait attendre d’un « remplaçant ». Seuls les sourds persisteront à vilipender Mireille Delunsch, pourtant admirable dans le rôle d’Elsa. Si nous n’allions à l’opéra que pour la musique, la soirée eut été superbe. Mais comment faire abstraction de cette épouvantable mise en scène de Robert Carsen ? Créée en 1996 cette production pourrait sembler avoir subi les outrages du temps. Mais la médiocrité n’ayant jamais été un parangon esthétique, pas plus dans les années 90 que dans une autre décennie, l’hypothèse d’un ratage originel semble plus plausible.
Rien ne peut compenser la bien pauvre lecture que fait le metteur canadien du mythe médiéval de Lohengrin. Pas plus les incursions dans le kitsch non assumé (le combat du rôle titre et Telramund, l’apparition du cygne dans un décors de boule à neige) que les tours de passe-passe grotesques (la manipulation peu habile dévoilant Gottfried). Non Monsieur Carsen, peupler le plateau de dizaines de figurants et chanteurs ne vous permet pas de dissimuler l’imposture qui caractérise votre infertile exégèse du livret de Wagner. Votre production devrait prendre le chemin des espaces de stockage de l’Opéra National de Paris pour ne jamais en resortir.
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Il est de ces soirs où l’on se prend à maudire Charles Garnier pour l’attention qu’il a pu porter aux fastes et aux dorures de son opéra plus qu’au confort des spectateurs qui devaient l’occuper. En ces moments de grand exodes d’un public d’abonnés philistins et passéistes, quittant la représentation de Da gelo a gelo dans les craquements des sièges sur lesquels il leur sied certainement mieux de poser leurs séants pour une énième représentation de Cosi fan Tutte, nous avons, chers lecteurs, presque perdu foi en l’avenir de l’Homme. Car quitter en masse un spectacle de cette beauté n’est point pardonnable.
Certes cet opéra de Salvatore Sciarrino mis en scène par Trisha Brown ne fait pas appel à une temporalité et à une narration familière à un public occidental. Il faut se laisser porter par ces poèmes d’Izumi Shikibu et la musique lancinante du compositeur italien pour vivre cet opéra comme une expérience contemplative. Certains verront des références Wilsoniennes dans la mise en scène de Trisha Brown. Si visuellement certains points communs peuvent exister, le langage du metteur en scène et de la chorégraphe n’ont que peu à voir. Il s’agit bel et bien, avec Da gelo a gelo, de faire danser l’opéra plus que de le mettre en scène. Trisha Brown excelle dans la composition de ces mouvements tout en fluidité mis en valeur par les splendides drapés des costumes. Tant pis pour les spectateurs démissionnaires…
Par Xav
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Il y a peu nous vous parlions de la Cité de l’Histoire de l’Immigration ou out du moins de sa préfiguration et des travaux se déroulant sur site. Autre projet important à Paris, piloté par la municipalité celui-là, le 104 (rue d’Aubervilliers) ouvrira ses portes l’année prochaine (très probablement après la fin du mandat de l’actuel maire de Paris, ce qui ne manquera pas d’irriter l’intéressé qui ne connaîtra pas non plus l’achèvement de la Gaieté Lyrique). En attendant, il est enfin possible d’en savoir plus sur le projet porté par Robert Cantarella et Frédéric Fisbach.
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