Samedi 3 avril 2010
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09:25
Inauguré
officiellement demain, le Monument de la Renaissance Africaine se dresse dans une des communes d'arrondissement de Dakar. Objet monumental de près de 52 mètres de haute, l'œuvre dessinée
par le président Abdoulaye Wade lui même se veut représenter "une Afrique sortant des entrailles de la terre, quittant l'obscurantisme pour aller vers la lumière" (selon le communiqué émis par la
présidence).
Outre son esthétique discutable (mais quelle esthétique ne l'est pas? ) et sa valeur d'instrument idéologique au service du régime, l'"œuvre" possède la particularité d'avoir été construite par
une société nord-coréenne (tiens donc!) en échange de de terrains sur le sol sénégalais. Cout du chantier: 15 millions d'euros, de quoi ridiculiser les plus gros programmes de commande publique
artistiques européens.
Par Xav
-
Publié dans : Arts visuels et plastiques
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Jeudi 1 avril 2010
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16:46
La promesse était pourtant extrêmement séduisante sur le papier. Quatrième création du chorégraphe français pour l’opéra de Paris, Siddharta devait emmener dans son aventure la musique
du jeune (relativement à la moyenne des compositeurs contemporains joués à l’opéra) Bruno Mantonvani, et l’univers plastique du moins jeune mais très à la mode Claude Lévêque. Lorsqu’il s’agit
d’écrire pour un corps de ballet classique, Preljocaj est- on le sait - capable de sublime (Le songe de Médée, MC14/22, Ceci est mon corps). Mais pas uniquement. Je me souviens
notamment de l’ennui irrésistible dans lequel j’avais sombré lors d’une représentation du Parc à Garnier ; ennui uniquement rompu par les quelques tableaux qui étaient ponctués par
l’intervention quasi mécanique des jardiniers, invasion fort réussie de la modernité dans un univers qui semblait alors déjà anachronique.
Hélas, le combat des jardiniers se solde aujourd’hui par une défaite. Dans ce Siddharta, le néoclassicisme omniprésent a définitivement pris le pas sur toute trace de modernité qui pourrait nous
rappeler que nous sommes en 2010. A la vue de ce ballet on ne peut que se demander quel sens a une création qui parait dés sa première être une résurgence des années 1950 ? Toute la subtilité qui
constitue habituellement le talent de Preljocaj se trouve ici écrasée sou le poids de la tradition classique et de l’univers quasi-pompier développé conjointement par les visions de Claude
Lévêque et la partition rugissante de Bruno Mantovani (mention spéciale au tableau d’ouverture nous présentant un astéroïde géant tout droit sorti d’un film d’Ed Wood se balançant au son
rugissant de l’orchestre au dessus d’une tribu de motards casqués).
Oui, il reste de ce spectacle quelques minutes trop rare de grande beauté. Par exemple, et c’est quelque part paradoxal, lorsque l’influence classique est totalement assumée et donne lieu à une
quasi reproduction du Lac des Cygnes. Après les 4 saisons, Blanche Neige et ce Siddharta, Angelin Preljocaj semble avoir pris une tournant quasi-définitif vers un style chorégraphique
conservateur. Nous ne pouvons alors que regretter, les N, Helikopter et autres Empty Moves…
Par Xav
-
Publié dans : Théâtre/Danse
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Mardi 16 février 2010
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19:33
Ayant vu le dernier spectacle de
Zingaro lors de ses premières représentations, je livre mes impressions avec beaucoup de retard, ce qui
permet un certain recul. Disons le d’emblée, et même si je ne l’ai pas reconnu au sortir de la salle, Bartabas a le mérite d’avoir pris des risques. Celui, artistique, d’avoir voulu faire quelque
chose de totalement diffèrent de sa production antérieure. Celui, financier cette fois, d’avoir quasiment divisé la jauge de sa salle par deux en la repensant autour d’un gradinage circulaire
central. Les mauvaises langues diront que son
coup de gueule/coup de poing à la DRAC aura peut être permis le financement de ce nouveau dispositif peu rentable en terme de billetterie…peu importe.
De Darshan, puisque c’est le nom de ce nouveau spectacle, je ne me rappelle que du tourbillon infini de ce carrousel équestre. Des images qui s’y succédaient, plus ou moins heureuses, plus ou
moins inventives, plus ou moins déjà vues chez d’autres (j’ai beaucoup pensé à
Montalvo/Hervieu) je n’ai pas retiré grand-chose.
Dommage lorsque l’on sait le talent du cavalier pour créer de la poésie, de la fougue, voir des expériences quasi-mystiques. Certains trouveront certainement cela très bien, mais moi, je crois
que je ne comprends plus Bartabas.
Darshan, Fort d’Aubervilliers, 176, avenue Jean-Jaurès 93300 Aubervilliers, jusqu’au 20 juin 2010
Par Xav
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Publié dans : Théâtre/Danse
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Lundi 15 février 2010
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17:14
Exposition du contexte
Pour ceux qui auraient échappé aux nombreux articles scandalisés parus dans la presse ces derniers jours : l
’Ecole Nationale Supérieure des Beaux
Arts de Paris présente du 13 au 21 février 2010 une exposition qui présente les travaux des étudiants de son programme de recherche La Seine, du 3e cycle du Royal College of Art à Londres et
de LASALLE College of the Arts à Singapour.
L’objet du scandale
Parmi ces travaux, l’œuvre de
Siu Lan Ko présente une série de kakemonos prenant la place des supports de communication de l’ENSBA sur la
façade du bâtiment. Ceux-ci portent les mots « Travaillez », « Moins », « Plus » et « Gagnez ». Aussitôt installés, l’œuvre, l’œuvre fût déposée par décision de l’ENSBA.
Les loups hurlent avec les loups
Comme toujours dans de pareils cas la presse ne manque pas, dans son implacable emballement, de mots forts. « Censure », « Atteinte à la liberté d’expression », « République Bananière », sont
certains des termes que l’on retrouve au fil des articles sur le sujet, sans qu’il nous soit réellement expliqué de quoi il retourne. La nationalité de l’artiste (chinoise) permet de plus des
comparaisons outrées avec la liberté de création telle qu’exercée dans la République Populaire. Certains n’hésitent pas même à établir directement un rapport entre le décrochage de l’œuvre et une
pression qui serait venue directement du chef de l’état, dont l’œuvre reprend les mots. Après tout, cela est facile, ne demande pas grande analyse et est très certainement plus profitable que de
fournir une véritable information étayée. Censure par qui ? Dans quel contexte exacte ? Aucun journaliste ne semble capable ou prêt à nous le dire, préférant joindre sa voix à celle de la meute.
Autant que le décrochage de l’œuvre, c’est l’analyse (ou son absence) des journalistes sur le sujet qui me pose foncièrement problème.
Chat échaudé craint l’eau froide
En l’absence d’éléments probants sur cette affaire on ne peut que soulever certaines interrogations. Henry-Claude Cousseau (directeur de l’ENSBA) a-t-il craint pour les conséquences sur les
financements de son établissement, demandant de lui-même le décrochage de l’œuvre ? A-t-il gardé un certain traumatisme de son expérience passé le conduisant à une prudence extrême ? Henry-Claude
Cousseau avait été personnellement mis en examen en tant que directeur du CAPC suite à l’exposition Présumés Innocents, sur des chefs ayant trait à une prétendue diffusion d’images
pédo-pornographiques. Toujours est-il que la communication de l’ENSBA est pour le moins maladroite. Dans un
communiqué
de presse du 11 février, l’école prétendait que l’ « accrochage s’est fait sans que la direction de l’établissement en soit informée. » (sic). Ligne de défense peu vraisemblable mais qui
méritait d’être tenté…qui sait, l’ENSBA nous prend peut-être pour de grands naïfs.
Le Ministre en pompier
Heureux dénouement : Frédéric Mitterrand sera intervenu lui-même pour faire reposer l’œuvre. L’incendie médiatique s’éteint sans qu’il nous soit apporté les éléments nécessaires à se forger une
véritable opinion sur le sujet…demain les médias nous inventeront un autre scandale.
Lundi 15 février 2010
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11:12
A peine plus d’un an après sa publication, le
Conseil d’Etat annule le décret relevant à 20 000 euros le seuil en dessous duquel les marchés publics
peuvent être passés sans publicité ni mise en concurrence. Retour donc au précédent seuil de 4 000 euros à partir du 1er mai, sur les bases d’un meilleur respect des grands principes de la
commande publique. Comme d’habitude cette décision semble prise au détriment de l’efficacité et donc quelque part de la bonne gestion des deniers publics. Ou comment les réformes du Code des
Marchés Publics suivent encore une fois l'avis de décisionnaires qui sont bien loin de la réalité du terrain...
Gageons que la nouvelle ne manquera pas de faire pester l’ensemble des services culturels, équipements et structures gérées en
régie directe, et plus largement les services des marchés de toutes les collectivités publiques.
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